La classe américaine.

Pour ceux qui n’ont pas vu ce chef d’oeuvre, je ne peux rien vous conseiller d’autre que de le regarder…. Ca c’est fait, hop!

Ainsi, depuis quelques temps, je me compare souvent à l’homme le plus classe du monde, car enceinte, on devient vraiment la femme la plus Classe, la plus sexy et la plus enviable du monde ! Du moins, quand on arrive à s’extirper de son canapé.

J’admire ma Grenouille quand il me dit que je suis belle et qu’il est fou de moi, vraiment j’admire. Parce que la grossesse, passé les 6 mois (et je suis large encore) c’est tout sauf la classe, tout sauf sexy, tout sauf glamour !

Voici une journée type qui résume toutes les phases de la « Classitude du cétacé en gestation » :

– Rouler le plus gracieusement possible sur le côté, c’est-à-dire en soufflant et en couinant, pour se retrouver en position assise sur le bord du lit.

– Se rendre à la cuisine, le corps mal réveillé, en marchant comme un canard. Préparation du plateau garni et s’installer en râlant.

– Mission douche ! Tout un spectacle. Ouvrir bien grand les portes sinon ça frotte. Bien se savonner partout… jusqu’aux genoux, ça va, mais les pieds… En attraper un, en beuglant « je suis trop vieille pour ces conneries! », le savonner vite fait, et attendre 5 minutes de retrouver son souffle, puis passer au second, même scénario.

– Sortir de la douche, de nouveau bien ouvrir les portes sinon ça frotte.

– S’essuyer de la tête aux pieds. comme toujours, le problème ce sont les jambes et les pieds, tu souffles, tu râles, tu grince et quand ENFIN tu as réussi à te sécher complètement, tu es crevée, tu souffles, tu as chaud et tu transpires comme un âne… c’était drôlement utile cette douche !

– Et maintenant, il faut s’habiller ! Yeeha ô joie ! Trouver une tenue pas trop sac à patate est une mission des plus délicates. Se faire à l’idée qu’on ne trouvera pas de tee-shirt qui descende plus bas que le nombril. Il faut t’habituer à vivre le ventre à l’air! Puis, tu enfiles ton dernier, seul et unique pantalon de grossesse qui te va encore et que tu aurais déjà dû laver la semaine dernière mais tu n’as rien d’autre à te mettre sur les fesses. Vient alors le calvaire de a chaussette ! C’est là que tu prends la réelle mesure de ta proéminence ventrale. 5 minutes par pied, des litres de sueur, tu grinces et tu couines comme un phoque, tu te tortilles comme tu peux, mais au final, tu es toute rouge, crevée, haletante et tu grognes en te demandant comment tu as pu en arriver là !

– Suite à cela, chaque fois que tu dois te déplacer, tu ressemble à un pingouin, c’est comique pour les autres, pour toi, beaucoup moins, tu rêvais pourtant de garder ton pas chaloupé le plus longtemps possible, mais c’est peine perdue, accepte d’être un gros tas qui a plus de facilité à rouler qu’à marcher !

– Là, il faut mettre tes chaussures… Si tu as de la chance, ton homme ou une copine est là et peut t’aider à enfiler les seules vieilles groles de marche qui te vont encore. Exit les jolies bottes à moumoute achetées le mois dernier, tes chevilles ont tellement gonflée que tu ne peux plus les fermer. Tu opterais bien pour des tongs mais par 4°C dehors ce serait pas raisonnable. Alors tes vieilles tennis pleines de boue feront l’affaire, tant pis pour le style plouc des cavernes ! Et si tu dois es mettre seule, tu t’assoies, tu prends une grande bouffée d’air et tu t’y colle en essayant de ne pas grogner trop fort. Si par malheur il faut faire les lacer (mouhaha là je me marre, j’ai arrêté de lacer mes chaussures moi…) alors sache que tu vas ressembler à ton futur chiard sur le pot, les yeux plissés, les lèvres pincées, les joues gonflées et toute rouge !

– Enfin, comme tu as fait tout cela pour sortir, tu vas devoir te glisser dans la voiture. Là aussi tu oublies la montée svelte et élégante, le posé de cul délicat sur le siège moelleux… non, tu t’accroches aux bords de la portières, tu essaye de ne pas trop défoncer le siège en te laissant tomber comme un poids mort dans le fauteuil et tu te tortilles dans tous les sens pour faire passer tes deux jambes à l’intérieur de l’habitacle.

– Alors ensuite il faudra sortir de la voiture, mettre les pieds dehors et essayer de sortir les fesses. Une première fois, en tirant avec les bras… non. Une deuxième fois plus fort ! Non, tu souffles comme un boeuf, les autres te regardent morts de rire, et toi tu as juste envie de pleurer parce que pour sortir sans beugler, il va falloir qu’on te tire de là…

– Les promenades, courses et autres déplacements deviennent lents, lourds et son souvent la cause de maux de dos, de grosses fatigues… Tu prends le temps de te poser sur un tabouret ou n’importe quel siège que tu trouvera toutes les 30 minutes au mieux… Tu essayes de récupérer un peu, ce sont surtout les reins qui trinquent !

– Finalement, tu remontes dans la voitures, tu en redescends, tu rentres chez toi toujours avec ton chaloupé pingouin, tu enlèves tes chaussures, tu te mets à l’aise, tu verses encore quelques litres de sueur…

– Enfin, la nuit arrive, tu vas te coucher, tu roules sous la couette, tu soupires un grand coup parce que tu es crevée, éreintée, tu n’as rien fait de ta journée, mais c’était un vrai combat ! tu as bien mérité ton repos ma grosse !

Alors bien sûr tout cela est entrecoupé toutes les 2 heures d’une pause pipi! Ça pimente un peu cette monotonie non?

Alors sache ma petite que dans les séries américaines où tu vois des femmes enceintes galoper comme des gazelles, se déplacer en déroulant du cul, sapées comme des déesses, on te ment ! ça n’existe pas ! A la limite, regarde plutôt Juno, c’est plus près de la réalité, mais oublie La Classe Américaine !

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19 réflexions sur “La classe américaine.

  1. J’adore!! Trop comique et c’est tellement « tout ça » être enceinte…
    Moi je me souviens avoir piqué une crise d’hystérie après avoir mis 5 minutes à mettre une chaussette et une fois celle-ci en place: elle était trouée…la haine!!
    😉

    • Les grosses colères après mes chaussettes, ça m’arrive souvent je te rassure. au début je pleurais, maintenant, j’hurle et je peste, c’est pas mieux…

  2. La grossesse, c’est la valse lente des tortues 😀 Il faut accepter de ralentir le rythme même si c’est démoralisant !
    Ton post m’a rendue nostalgique, c’est parfois une plaie d’être enceinte mais ce sont des souvenirs magiques. Et pourtant j’ai déprimé toute ma grossesse ! Prendre une douche, m’habiller, sortir, de vraies corvées !

    Courage, ça ira mieux dans quelques mois (enfin normalement :D)

  3. C’est exactement ça! J’ai commencé à souffler à mon 7e mois et me suis plus arrêtée. Et j’veux pas te décourager mais ça devient de plus en plus lourd… surtout avec cette saloperie de rétention d’eau 🙂

  4. Je ne peux qu’acquiescer à cette dure réalité que je partage au quotidien! Sauf pour les pauses pipi,toutes les 2 heures ça, c’était gérable, là, c’est passé à toutes les 1/2 heures, bien plus fun… 😉
    On a la classe à l’intérieur, c’est ce qui compte lol

  5. Hier je me suis faite 5 heures de magasins pour la princesse, dans mes baskets pourries . Résultat: le compte en a pris un sacré coup, j’ai profité du soleil, mais surtout, je me suis coltiné une belle sciatique cette nuit. Et me voilà les larmes aux yeux à chaque fois que je tente d’arriver jusqu’aux wc^^
    J’ai l’impression que ça va mieux, mais je crois que le ménage prévu pour aujourd’hui va être repoussé, quel dommage:D

    • tu as abusé petit lily chérie et ton corps te puni, mais je comprends, on a envie de faire pleins de choses avant que le corps nous dise stop dès le réveil matin…

  6. Pingback: Une histoire de couleur… « Petit Bidon.

  7. Merci, tu viens de me guérir de mon baby-blues, en me rappelant à quel point la fin de grossesse ( ok, la moitié) est un vrai calvaire…
    Et malgré tout, pourquoi en te lisant j’arrive parfois à me dire « olala, c’est passé si vite, pas eu le temps d’en profiter! » Oui oui, le baby-blues c’est un état d’être totalement surprenant et incroyable ou on parvient à regretter tous ces moments si nostalgiques de la grossesse…

    Plein plein de courage pour la fin et bonne rencontre avec bébé!!

    • je vais me hair si je fais ma mijorée avec mon baby blues alors que j’ai tellement détesté être enceinte (et encore maintenant… vu qu’il est pas sorti) mais je suis contente si j’ai pu être utile ça ravigotte !

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