Les influences inutiles…

Quand j’étais dans la vingtaine et bien avant cela évidemment, j’étais une âme influençable et malléable. J’étais pleine de certitudes dues à mes incertitudes. Mon ignorance en maintes choses me faisait gober tout et n’importe quoi, venu de n’importe où et de n’importe qui, choses que je prenais pour acquis et qui me servait d’étendard à connerie !

J’étais increvable sur certains domaines que j’avais travaillés et où ma culture surplombait ma crédulité, mais j’avoue que c’était souvent sur des sujets inutilisables en société, car sujets dont tout le monde se fout royalement à 20 ans ! Oui, j’ai vite compris que la sexualité des bigorneau ou la migration des aoûtas était difficile à placer dans une conversation sur le dernier single du dernier connard venu… Mais j’étais jeune et impressionnable.

Alors je gardais pour moi la vie passionnante des insectes et autres crustacés et je collais au mouvement en calquant mes désirs et mes revendications sur les désirs et les revendications du groupe d’amis que j’avais pu intégrer en mêlant mes phéromones avec celles d’un mâle bien gaulé et pas trop con. L’un d’eux gravitait autour d’une sphère (pleine de vide mais à cet âge on ignore encore toute la futilité de tels milieux…) de musiciens ratés à tendance électro/pop/minimaliste. Aussi, je te laisse imaginer le contenu hautement philosophique qui animait nos soirées. C’en était fait du dernier album de machin qui avait déplut « parce que bon quoi ! » et de bidule qui était un génie et qui ne perçait pas alors que « putain, c’est un bon quoi! »

Et moi, « ouais »… « ouais »…. un QI de bernard-l’ermite en pleine parade nuptiale avec une coquille vide ! En rentrant chez moi, je me rendais compte du ridicule de toute cette mascarade en me calant peinard dans mon canapé-lit Ikéa avec un verre d’eau plate et Berlioz à fond dans les oreillettes. Mais que veux-tu : l’amouuuuuur c’est plus fort que tout !

Et puis j’ai grandit. J’ai commencé à penser par moi-même, à assumer mes choix et mes idées, à modérer mes propos et à aimer les gens pour ce qu’ils sont vraiment et pas parce qu’ils aiment tel chanteur ou tel acteur plutôt qu’un autre. Je suis capable d’apprécier une femme pour celle qu’elle est réellement même si elle regarde « plus belle la vie » ou qu’elle chante Rihanna ou Christophe Maé sous sa douche. Parce que les goûts des autres n’interfèrent plus sur les miens, je suis capable de regarder les gens autrement et si certains éléments m’échappe lors d’une conversation, je n’ai aucune honte à avouer que je ne maîtrise pas le sujet et à m’abstenir de raconter des conneries. En revanche je ferais toujours en sorte de m’informer sur ce que j’ignore afin de me faire mon opinion propre et ne pas me baser sur un résumé unilatéral et hautement subjectif du premier quidam venu.

Tu vois, ça a du bon de vieillir !

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4 réflexions sur “Les influences inutiles…

  1. Je tiens à exprimer mon indignation la plus profonde : ton post offense toute la communauté des bernard-l’ermite (je le sais, nous sommes très proches).

  2. namého!!! je regarde plus belle la vie moi !!!!
    moi ça me réussi pas de penser par moi même et de ne pas suivre le mouvement parce que je m’écarte de bcp de chose !! j’ai du mal à supporter les gens ….

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