Accoucher une dernière fois.

IMG_24553 mois que mon tout petit est né. 3 mois déjà.
3 mois que j’essaye de raconter comment tout cela c’est passé. Comment j’ai vécu ces 11h de travail, cette naissance, physiquement et moralement.

Je pensais que de ne pas en parler tout de suite me permettrait d’apaiser mon ressenti. Je pensais qu’attendre un peu m’aiderait à ne plus me mettre à pleurer en en parlant. J’avais tort. Le temps n’a rien fait à l’affaire, il a cristallisé mes angoisses, conservé mes souffrances.

Oui, cet accouchement je l’ai très mal vécu. Et pourtant, je m’étais préparée, et pourtant la sage femme a trouvé que j’avais super bien géré ma douleur, et pourtant… Mais quand tu fais un bébé de 4kg avec la carrure d’un rugbyman, la douleur, même si tu la gères, elle te serre de partout et elle te marque au plus profond de toi.

Parce que je ne voulais pas de péridurale, j’ai forgé mon mental tout le temps de ma grossesse pour me préparer à la douleur, en gardant toujours en tête que, si je n’arrivais pas à gérer, je la demanderais. Finalement, je n’ai rien demandé, je n’ai insulté personne, je n’ai broyé les mains de personne, j’ai respiré, j’ai crié, j’ai pleuré de fatigue, parce que 11 heures de douleurs, c’est épuisant.

Et bébé est venu. C’est à partir de ce moment là que je n’étais plus préparée. Je n’étais pas préparée à l’épisiotomie jusqu’à l’anus avec une anesthésie locale aléatoire. « Non, madame, ça ne peut pas faire mal, on vous a fait une anesthésie locale » … Ha bon? t’es dans mon corps pour savoir si je fais du chiqué? je viens de pondre un gigot de 4Kg Chéri ! alors si je la sens ton aiguille de boucher, c’est que ton anesthésie à la con elle a pas marché ok? …

Mais surtout, je n’étais pas préparée à la révision utérine sans anesthésie, sans ménagement, presque sans un regard.

Quand tu as eu mal, la plus grosse douleur de ta vie pendant 11 heures, tu ne peux même plus supporter le picotement d’une aiguille, ton quota est atteint, tu veux juste respirer, te reposer, dormir et câliner ton bébé.
Moi, on m’a retiré mon fils, on m’a retiré mon homme et un gynécologue ganté est allé chercher à la main le placenta qui refusait de sortir. Je me demande encore comment j’ai fait pour ne pas m’évanouir. Comment j’ai fait pour supporter cette sensation de cette main qui a parcouru l’intégralité de mon utérus à 3 reprises pour vérifier qu’il ne restait plus rien.

Pour ne pas insulter ce gynécologue qui me voyant pleurer, à osé me dire « allons, ce n’est rien ça, vous avez fait le plus dur, ça ne fait pas vraiment mal. »

Puis, tout s’est calmé. Ils ont recousu sans se soucier de mes sanglots. Ils ont fait entrer mon homme, notre fils dans les bras, ils l’ont posé sur moi pour une première tétée, et on nous a conduit dans notre chambre.

Alors, viennent se greffer d’autres importances, la sensation d’avoir franchi une étape importante, parce que cet enfant est le dernier, parce que mon corps est très abimé, parce que j’aurais 35 ans cette année… Je t’épargne le reste.

Mais dans une maternité, aussi petite soit-elle, on a encore visiblement pas formé les sages-femmes au soutien psychologique, on m’a juste dit « Baby Blues », « C’est normal », « Ça va aller », « Ça valait le coup de souffrir » (Connasse) et en réponse à la douleur, on m’a apporté « Polo », le pain de glace à se coller sur l’épisio…

Et donc, j’ai pleuré trois jours durant. Parce que j’avais mal, parce que j’avais peur, parce que j’avais besoin.

Ça fait 3 mois que bébé est né, 3 mois que je continue de pleurer en parlant de mon accouchement. Tu crois vraiment que c’est normal ?

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44 réflexions sur “Accoucher une dernière fois.

  1. Woh, je sais vraiment pas quoi te dire à part que ton billet m’a donné des frissons, j espère malgré tout qu un jour tu arriveras à y penser autrement…Moi aussi, 3 mois après et même un peu plus, je ne pouvais en parler sans pleurer… ❤

    • c’est pas normal d’etre aussi nombreuses à rester marquées comme ça après un accouchement. Pas aujourd’hui avec tout ce qu’on sait et tout ce qu’on as.

      • Entièrement d’accord, pour ça que j’ai fait le projet d’un AAD cette fois, pour maîtriser un maximum de choses…c’est extrêmement dommage de ne pas pouvoir faire confiance au personnel médical et de ne pas pouvoir être traitées en êtres humains sur un pied d’égalité.

      • non c’est pas normal et cela changera grâce à votre courage d’en avoir parler … continuez à se battre et à dénoncer ses attitudes peu professionnelles c’est tout ce qu’on peut faire !!! pardonnez vous de ne pas avoir dit aux personnes concernées vous ne le pouviez pas vous souffriez trop …votre colère contre eux est plus que légitime !!! bon courage à vous sur ce chemin !!!

  2. J’en reste sans voix… Ces personnes-là, elles mériteraient même pas d’exercer… Oui tu es vivante, ton petit aussi. Oui il y a pire. OUi après tout si on te coupe un bras il te reste tes jambes. Oui finir sa vie dans un fauteuil roulant c’est être vivant quand même. Mais ce n’est pas acceptable pour autant.
    Franchement, ton récit me met dans une colère noire, de se dire qu’aujourd’hui encore on peut ne pas être respectée à ce point dans la douleur, dans sa chaire. Pour moi, ton récit, c’est, excuse-moi, comme un viol, tu as été niée. Alors si tu pleures encore aujourd’hui, c’est bien normal, et si t’as besoin d’une épaule, ben tu sais où taper. ❤

  3. Oooh…. moi non plus je ne la voulais pas la péridurale.. mon accouchement a été super rapide mais je n’ai pas résisté… arrivée à la Maternité, après 2 heures de contraction à la maison… je l’ai demandée, enfin suppliée serait le terme exact…
    J’ai très très mal réagi ceci dit à la dose injectée… j’étais complètement stone… et je n’ai pas trouvé ça drôle du tout… j’ai été malade, je ne sentais plus mes jambes…
    (et même shootée, j’ai pas été super sympa avec mon chéri ahahah!)
    Alice est arrivée à peine 3 heures 1/2 plus tard mais en oubliant un morceau de sa Maison… même avec la péridurale, j’ai très mal vécu cette sensation de Main (avant-bras-coude devrais-je dire!) farfouillant dans mon Corps… la révision utérine, tout un programme… ultra violent!
    Comment t’as fait sans anésthésie???
    Même en se donnant beaucoup de mal, tout n’était pas parti, pendant plusieurs mois, j’ai eu très très peur… et puis tout s’est bien fini… j’étais « sauvée »… (mon allaitement aussi!)
    Malgré tout ça, je suis prête à tout recommencer… C’est magique quand même de donner la vie!
    Pour ce qui est de tes larmes, je les comprends…
    Mais waouh! tu te rends compte de ce que tu as traversé? Quelle force!
    Je suis scotchée!
    Sèche tes larmes Poupée et rends-toi compte de la force qui est en toi!
    des Bisous-Guérie-Tout! ❤

  4. Que c’est touchant !
    J’ai vécu un accouchement quasi similaire il y a maintenant bientôt 10 mois… C’était mon 4eme mais là, je l’ai très mal vécu.
    J’ai demandé la péridurale, j’avais déjà accouché 3 fois sans, je connaissais….
    Bref, j’aurai voulu connaitre un accouchement comme à la télé (ceux pendant lesquels on rigole, pendant lesquels la sage-femme nous dis de pousser parce qu’on ne sent rien ou presque…). Une fois de plus, ce fut impossible (dilatation trop avancée). Peut être, il n’empêche que la douleur, elle, elle est atroce et elle dure… Ma puce était mal positionné, au lieu de regarder vers le plafond, elle était en position pour regarder vers le sol; Mon uterus est retroversé…
    J’avais cette étrange sensation que ça poussait, certes, mais qu’elle ne pourrait jamais sortir, qu’elle poussait sur l’anus et que si elle sortait je risquerais l’explosion du derrière ! Je flippais en plus d’hurler !
    Puis, après plusieurs heure (j’étais déconnecté, j’avais dans mon êter tout entier la douleur) quand, enfin, je me cru délivrée, elle était là, L’utérus !! Mince, lui, ne vient pas !
    Hémorragie, panique….
    Bébé doit sortir, papa doit sortir…
    Appel d’urgence vers un gynéco (c’était des sages femmes), silence radio, tronches d’enterrement, anesthesie, fouilles archeologique et reveil !!!
    J’étais épuisée, anémiée, endolorie…Un chiffon usagé
    Aujourd’hui, j’ai encore des douleurs et ça fait 10 mois, j’ai parfois des difficultés à m’assoir, cette vilaine impression que tout mes organes ont gagné la porte de sortie.. Souvenir à la fois pénible mais heureux !
    Je me suis, moi aussi, posée cette question… Est ce que c’est normal, en 2012, dans un établissement hospitalié, de vivre ça pour donner la vie ?!?

  5. j’ai accouché il y a 4 mois et j’ai l’impression que tu racontes mon histoire…. je me suis sentie très seule pendant mon accouchement….surtout que mon mari n’a pas pu être présent (il devait garder nos 2 autres enfants) et je n’ai pas été entourée..on m’a laissé seule jusqu’au dernier moment….et comme toi quand on m’a recousu je n’avais même pas le droit de dire que ça me faisait mal…. j’étais si mal que je n’ai même pas pu prendre mon bébé dans les bras… je tremblais de peur et de douleur…aucun soutien moral…..

    je te comprends tellement…c’est un traumatisme…c’est certain….

  6. Comme je te comprends… Et tu ne peux pas savoir à quel point. Courage, tu n’es pas seule dans ce cas. Cordialement.

  7. Ton récit me prouve vraiment que d’une femme à l’autre les ressentis sont différents, qu’on ne vit pas toutes les choses de la même façon, avec la même intensité, qu’on ne ressent pas la douleur de la même façon non plus.

    Comme tu le sais, j’ai accouché 3 fois sans péri, 3 fois des bébés de 4kg et plus, 3 fois mon obstétricien est allé chercher mon placenta à la main, 1 fois j’ai eu des éraillures recousues sans anesthésie et surtout … 3 fois, je n’ai pas eu d’épisio, les 3 fois, on ne m’a retiré ni homme ni bébé. Je crois que ça change tout.

    Pendant que mon obstétricien retirait le placenta, j’admirais mon bébé.

    Je ne dirais pas que je n’ai rien ressenti, mais je n’ai pas eu mal comme tu le décris. D’ailleurs, le jour où j’ai été recousu (juste quelques points, rien de comparable avec toi) sans anesthésie, mon obstétricien était le 1er étonné que je ne dise rien.

    Les choses qui m’ont déplu dans mes accouchements sans anesthésie, il y en a eu, j’en ai fait récemment un billet, mais ce ne sont pas les mêmes choses, parce que je n’ai pas ressenti cette souffrance après la délivrance.

    Naïvement, je pensais qu’il était normal que l’obstétricien aille chercher lui même le placenta.

    Tu m’ouvres les yeux. Merci.

    Pleins de chaudoudoux ❤

  8. Emouvant et si dur à la fois. Je suis sidérée qu’en 2013, en France, on respecte encore si peu les femmes. Et après cela, certains gynécos (pour ne pas nommer Odile B.) parlent de « gynécologie low cost » à proposes des sages-femmes et des maisons de naissances. Mais non, bien sûr, on ne voit plus aucun accouchement non-respecté en France! (laissez-moi m’étrangler!)
    Je crois qu’il y a un site qui veut recenser les récits d’accouchement, je vais essayer de le retrouver…
    Difficile de t’accompagner autrement que par de la compassion et du courage. Comment digérer cette étape, ne pas l’oublier car c’est impossible, mais bien la digérer, comme on fait son deuil? Et surtout, profite du présent !

  9. Je suis très émue en lisant ton récit et je comprends ta colère et tes larmes aujourd’hui encore…
    Je ne peux pas imaginer ce que tu as vécu pour l’accouchement car j’ai eu la chance qu’il se passe bien…
    Par contre je comprends tout à fait ton ressenti vis-à-vis de l’équipe médicale. Moi aussi je ne les ai pas du tout trouvé préparées à aider les mamans dans leur babyblues. J’ai pleuré durant les 4 jours à la maternité car j’étais perdue, fatiguée, mon allaitement ne fonctionnait pas et personne ne me venait en aide. Quand j’errais dans les couloirs, j’ai même croisé une sage-femme qui ne s’occupait pas de moi qui m’a dit « ah c’est vous la maman qui pleure tout le temps ? »… ok merci de parler de moi entre vous !
    Comme certaines l’ont dit en commentaires, tu peux être fière de toi, de ton courage, de ta force et la plus belle récompense tu l’as en voyant tes enfants grandir. Mais je comprends que ça doit être dur de ne pas avoir eu un accouchement normal dont tu pourrais garder de bons souvenirs et en parler facilement à tes enfants plus tard…
    Je t’embrasse fort !

  10. je ne vais pas t’aider mais je pleure toujours presque 6 ans après mon accouchement … le raconter donc le revivre me laboure le coeur…
    on ne m’a pas aider on ne m’a pas soutenu on m’a fait faire n’importe quoi on m’a arraché mon bébé avec des instruments on me l’a vraiment retiré pour l’emmener à 50 km de moi je suis tombée en syncop au réveil j’étais seule dans une pièce froide les jambes en l’air écartées et les bras ek croix pas d’homme pas de bb pas d’infirmière rien !!
    ils savent mieux que nous si on a mal ou pas !
    j’ai perdu 1 semaine de vie de ma fille et ça me ronge…
    tu n’est pas la seule dans ce cas ce n’est pas normal de vivre des choses comme ça pour certains nous sommes de morceaux de viande, à la chaine, il faut du rendement tout est calculé mesuré pesé…
    pour moi j’ai accouché avant une ouverture totale parce qu’il était 19H et qu’à 20H il étit en week end et l’équipe changeait ….je ne suis pas retournée voir un gynéco pendant 4ans …
    courage !!

  11. Ooooh que dire? Est-ce courant de donner naissance sans épidurale en France? En Angleterre, ça l’est assez et du coup le personnel est très bien formé. J’espère que ton expérience était exceptionelle parceque ce n’est vraiment pas normal. C’est bien d’en parler et de partager, j’ai eut les larmes aux yeux en lisant ton billet. Je te souhaite plein de bonheur!

  12. Arf. Dur dur tout ça. Peut etre que le fait que tu en parles, que tu mettes des mots sur cette douleur pourrait te soulager un peu. Du moins je l’espere. J’ai accouché aussi sans péri, mais c’est parce que je n’ai pas eu le temps. Et j’ai eu l’impression d’etre écartelée par le passage de bébé. Bon ça encore c’est normal. Mais l’episio à vif quand on s’y attend pas…. Finalement, le + dur a été quand on m’a recousue, avec leur psssshhhit local anesthesiant… ahahah tu parles j’ai morflé ma race. J’avais beau avoir mon fils dans mes bras, ça m’est vraiment resté en tete cette douleur, tres longtemps. Alors j’imagine meme pas une revision utérine. Tu as été tres courageuse, t’es evidemment pas tombée sur les bonnes personnes (pourquoi font elles ce métier???). Bref parles en. C’est important de partager ses sentiments, et pour d’autres femmes de voir qu’elles ne sont pas les seules…. Grosses bises
    Emilie

  13. Je suis persuadée que l’écrire fait du bien. Et que trop de médecins, de personnel médical et paramédical, manque totalement d’empathie. Pas assez nombreux, pas le temps, ou, pour les médecins, une formation qui oblige à se « blinder », c’est lamentable mais trop courant. Quand un médecin nous maltraite, Martin Winckler conseille de lui écrire. Vous pouvez adresser le courrier en plusieurs exemplaires, au médecin, à l’équipe, et au chef de service qui agit sans doute de la même façon… Il faudrait que toutes celles qui ont eu un problème même minime le fassent. Comme une pétition, c’est le nombre de courriers qui peut impressionner et qui va faire changer les choses.

  14. Ton billet m’a fait revivre mes trois accouchements ! Trois accouchements différents, trois bébés différents ! Évidemment ce n’était rien comparé à big mama ou à toi mais moi aussi j’ai du faire face à des équipes pas toujours à l’écoute ! Pour le premier, j’ai eu l’impression que l’on m’avait volé mon accouchement , on ne m’a pas écouté, on ne m’a pas donné le choix de rien, ils ont fait pression pour que j’allaite alors que je ne voulais pas (mais j’ai tenue bon !). J’ai fais une hémorragie le soir toute seule dans la chambre et évidemment personne pour me dire ce qu’était le baby blues ; résultat dépression au bout d’un an ! Pour mon deuxième l’équipe ne croyait pas que j’allais accoucher, car je n’avais perdue les eaux et ça ne faisait que 40 min que le travail avait commencé, résultat au bout de 10 min j’ai du appeler d’urgence une sage femme qui a juste eu le temps de mettre le main et d’accueillir mon bébé , pour la 3eme, 17 heures de travail et au bout de 2 péridurales, de toutes façons je ne pouvais plus ressentir la douleur dixit le gynéco jusqu’à ce que je faillis y rester avec mon bébé !!! donc oui, maintenant j’ai quelques réticences à voir un gynéco ! et dire que je vais certainement devoir me faire enlever l’utérus …. Que du bonheur !!!

  15. Ton article est très émouvant, bien que mon accouchement a été beaucoup moins douloureux que le tien, le mien aussi m’a bouleversé et choqué. j’étais préparée mais j’ai trouvé c’est vraiment violent et bestial. pour moi, au début tout aller bien car la sage femme qui m’assistait me soutenait réellement me calmait m’encourageait… jusqu’au changement d’équipe à 20h… après des inconnues sont entré dans la salle sans me dire bonjour ni se présenter et en me parlant sèchement. ils ne s’inquiétaient pas de moi et parlaient entre eux et je me suis sentie seule, paniqué et désespérée avec ma douleur, heureusement mon mari était là ! je pense que l’idéal serait de pouvoir accoucher avec des professionnels de confiance que l’on a choisi…
    je te souhaite bon courage et j’espère que le temps apaisera ta douleur morale maintenant…

  16. je viens de lire ton billet avec émotion…et rage. La rage de ce que j’ai pu connaître pour mon premier, il y a 16 ans déjà (césarienne sous anesthésie générale, impossibilité de voir mon fils pendant 24h, inhumanité devant mes larmes de jeune maman de 25 ans seule dans leur salle d’op sans explication avec des phrases assassines que je n’oublie pas et qui me hantent encore. L’émotion aussi car je viens d’accoucher, moi aussi, pour la dernière fois, à 40 ans, mais j’ai eu la chance d’être bien entourée cette fois. Courage, c’est un deuil à faire cette naissance idéale qu’on nous a volé

  17. Ton témoignage me colle des frissons. Bon sang quel manque de tact ! Ici les suites de couches ont été difficiles à vivre avec un oedème au périnée… outch…. En me demandant d’évaluer ma douleur, une infirmière me répond « c’est normal, c’est plus tout neuf » ! Je pense qu’il y a encore un gros gros travail à faire sur l’accompagnement des femmes. La bise ! 🙂

  18. Ah oui tu a le droit de pleurer encore…ton accouchement à été des plus violent ! Ça l’est généralement, mais tu a subi le martyr sans accompagnement, sans compassion ! Moi je te tire mon chapeau !
    Un beau bébé, avec 11h de travail dans les pattes ! Chapeau bas madame, et malgré la douleur, physique et psychologique que tu peux ressentir, tu peux être fière de toi ❤

  19. C’est vrai qu’une fois que bébé est sorti, c’est pas tout rose et qu’on a du mal à supporter qu’on trifouille encore dans notre intimité…

  20. ça me tue de voir qu’aujourd’hui le personnel soignant puisse encore sortir des conneries pareilles, oui bien sûr y’a les hormones, mais le vécu d’un accouchement sans péri est quand même une épreuve physique et psychologique, que tu décris très bien. J’imagine ta douleur et il te faudra du temps pour en parler sans pleurer mais jamais sans émotion. Très bel article

  21. Oh comme je te comprends j’ai envie de dire!!!!!

    Comme moi mon accouchement je l’ai mal vécu , tout comme ma grossesse!!

    En plus c’était ma 1ere alors sa donne pas envie d’en ravoir un!!!!

    On m’a sorti aussi le coup du  » Baby Blues » ! Pffff pas de soutien pour un sous!!!

    J’ai accoucher , j’avais demander la puéridurale mais elle n’a pas fonctionner , pire elle m’a paralyser les jambes! Je sentais donc tout , il ont du me porter car j’étais paralyser des jambes!

    J’ai mis 24 longues heures à pondre mon fils ! 3.790kg , 51 cm !
    Et comme toi le placenta n’a pas voulu descendre ! La sage femme a tellement appuyer sur mon ventre pour le faire sortir ( car moi j’étais épuiser au bord de l’évanouissement ) , elle s’est casser le poignet (oui oui ) sur mon ventre!!! Alors arrêt de travail pour elle et ématome qui a duré 1 mois pour moi sur le ventre !!

    ALors autant dire que le 2ème il est pas prévu pour l’instant!!!!

    En tout cas merci pour cet article qui reflète tellement la réalité d’aujourd’hui ….pleure et tais toi !! ( aucun soutien moral c’est dur )

  22. Je crois que je n’aurais pas du lire 😦
    Ce sera mon tour dans 2 mois et j’ai très peur …
    C’est mon premier, c’est la découverte… Les cours de prépa ne commencent que dans 1 mois.
    Je te souhaite bon courage.

  23. Coucou ma belle,
    C’est là toute la complexité du métier de soignant que tu évoque. Il est vrais que pour toi, c’est extrêmement violent ce qui t’es arrivé mais, ce gynéco, il t’a sauvé la vie. Quand le placenta reste cela conduit à une hémorragie.
    Ma mère a eu la même chose pour son dernier accouchement et ils l’ont finalement endormie. Du coup, dur dur de s’occuper de bébé après.
    Je comprend tout à fait ta position mais, dans l’action, le gynéco se devait de te sauver et pour le faire correctement, il devait laisser de côté les sentiments. Il a conscience que ça fait mal, mais il était là pour te sauver d’une mort certaine.
    Ceci dit, continue d’en parler à des amis, ton médecin traitant ou autre.
    Continue de pleurer si cela te fais du bien parce qu’il faut que tu évacue tout ça et ça ne va pas se faire facilement.
    Tu as maintenant un beau petit garçon. Donner la vie, c’est un miracle !!
    Prend soin de toi
    Je te souhaite beaucoup de courage pour arriver à surmonter cette épreuve.
    Et positive, tu es en vie, ton bébé aussi et vous êtes tout les deux en bonne santé.

    • Je pense qu’aujourd’hui, au XXI ème siècle et dans un pays occidental, on peut « sauver la vie » des gens autrement qu’en les maltraitant physiquement et psychologiquement. L’excuse « je fais ça pour votre bien » pour faire mal n’est à mes yeux pas valable.
      Il n’y avait semble-t-il pas d’urgence immédiate à la seconde pour cette révision utérine. L’histoire ne dit pas si le gyénco a réellement trouvé un morceau de placenta, il faisait, d’après ce que j’ai compris, qu’une révision, donc ce n’était pas un cas d’extrême urgence qui nécessitait de retirer homme et bébé ni d’empêcher de placer 3 mots réconfortants au lieu de « mais non vous n’avez pas mal ». Non mais comment qq’un d’autre peut-il savoir si une personne a mal, bordel ?!!!
      Pour moi, c’est de la maltraitance, et malheureusement jugée ordinaire et banale.

  24. Je la connais cette histoire, mais elle m’arrache des larmes et me broie le coeur à chaque fois que je l’entend. J’ai eu un magnifique accouchement, mais certaines choses sont malgré tout encore traumatisante, comme oui cette épisio à vif, sois disant pendant une contraction « vous ne sentirez rien » bah évidemment. Sauf la sensation qu’on vous ouvre le corps avec une lame…ah bah c’est ça en fait.Je vous lis , toi, les filles. On a milles accouchements différents,on se compare l’une à l’autre, bien sûr certaine ont soufferts plus que d’autres, mais on a tous ressenties des choses qui nous bouleversent encore , qui ne sont absolument pas normal. Mais je crois qu’en parler ici c’est un énorme pas vers le chemin de notre apaisement. Se rendre compte que oui nous sommes normales, que oui nous sommes victimes, et que ce sont eux les fautifs, et que les choses doivent changer.
    Ça me donne l’envie d’écrire un livre sur ça, rempli de témoignages. Je ne sais pas si j’en suis capable, j’aimerai beaucoup que les choses soient dites publiquement.

  25. Je suis consternée mais pas surprise, hélas, car j’en rencontre régulièrement des soignants de ce type (que je sois d’un côté ou de l’autre de la barrière).

    Lors de mon premier accouchement (oui, je sais j’en ai eu qu’un pour le moment, mais le prochain approche), j’ai osé demander à faire pipi alors que j’étais sous péridurale…
    Malheur! Je me suis vu me faire expliquer que je ne pouvais avoir envie d’uriner, que je devais confondre avec une fausse-envie d’aller à la selle due à la tête du bébé.
    Non mais sérieux?
    Putain, mais ça fait plus de 25 ans (arf j’étais encore jeune!) que je pisse et que je chie, je connais encore la différence entre les deux bordel!

    Bref, les gens qui veulent t’apprendre ce que tu ressens, ou non, ça me gonfle grave!

    Mais ce qui me choque le plus dans ton récit c’est qu’on ai fait sortir ton homme et ton bébé pour faire ta révision utérine, je vois pas pourquoi.
    Disons qu’il y avait une bonne raison, on ne laisse pas quelqu’un sans soutien pour ce genre d’acte.
    Dans mon service, on fait des actes qui s’avèrent parfois très douloureux malgré l’anesthésie locale, alors la phrase: « vous avez fait le plus dur.» peu sortir à un moment, mais jamais, jamais, JAMAIS (en ma présence en tous cas) avec le « allons, ce n’est rien ça.» devant et encore moins le « ça ne fait pas vraiment mal. » derrière!
    «Vous avez fait le plus dur.» je le dis parfois, moi-même, mais j’ai la main du patient dans la mienne, mon autre main est sur son front (selon le besoin) et je lui parle en me m’étant à sa hauteur, je l’encourage, je ne minimise pas ce qu’il vit, ce qu’il ressent. J’essaie de le focaliser sur du positif, après ça fonctionne ou pas, mais je l’accompagne.

    Je ne comprend pas qu’il n’y avait personne pour te tenir la main, putain de putain.

    Moi, je trouve le temps de le faire alors que mon travail c’est l’urgence vitale, je ne comprends pas qu’on ne puisse pas le faire quand on travaille dans la « joie » de la naissance.

    Pour le reste de ton séjour, idem, moi pas comprendre que l’on puisse manquer d’humanité comme ça. Qu’on ne me sorte pas l’excuse de manque d’effectif, ça je connais (trop bien) et ça gêne la prise en charge c’est sûr, mais de là à se contenter de balancer des banalités, faut pas déconner quoi!

    • je renchéris +++ sur ce point !
      je n’arrive pas à comprendre que l’on puisse à ce point nier les sensations des autres. Pour sortir du monde de la santé, je comparerais à ce qu’on dit souvent aux enfants lorsqu’il sont tombés/ont eu peur/ont un chagrin: « mais non ce n’est rien ». Comment ça, ce n’est rien? S’il pleure ou s’exprime, c’est que c’est quelque chose pour lui ! Après, ce n’est pas « si » grave, ce n’est peut-être pas grave à nos yeux d’adultes, mais c’est quelque chose ! Le rassurer en disant que ce n’est pas grave, que cela va passer, qu’on va soigner, laver, réparer etc, oui, mais ne pas nier ce qu’il ressent (physiquement ou psychologiquement).
      Et c’est très fort inconsciemment, car je me l’entends dire parfois moi aussi (argghhh) malgré ma vigilance.
      Alors je me dis que comme on est élevé dans ce contexte culturel, certains pros de santé le reproduisent inconsciemment…

      Y’a du boulot dans l’éducation 😉

  26. Je ne sais pas comment je pourrais commencer mon commentaire… C’est si douloureux ce que tu partages que je ne voudrais pas être maladroite. Ce que j’ai le plus de mal à comprendre, c’est bien cette absence d’empathie, de professionnalisme, d’humanité de la part des soignants… J’ai vécu deux accouchements, le premier s’est plutôt mal passé tandis que le second correspondait à ce que j’attendais. On ne sait jamais à l’avance comment va se dérouler une naissance mais il y a des mots, des gestes qui peuvent soulager, apaiser la douleur. C’est un droit du patient que d’être accompagné dans sa douleur, c’est un devoir du soignant que d’écouter la douleur d’une Maman qui va donner la vie… Je te souhaite de faire la paix avec ce souvenir de ton accouchement et de profiter pleinement de ton enfant… ♥

  27. Je ne sais pas quoi dire pour te dire ce que je ressens en te lisant. Alors je t’envoies un gros câlin virtuel. ❤ ❤ ❤
    Je me permets de partager cette page que j'ai découverte il y a quelques semaines. Tu n'es pas seule (je crois que c'est le plus horrible que des moments pareils se répètent encore et encore). Peut-être que cela pourra t'aider ou pas de savoir que d'autres se sont fait priver de leur accouchement, sans raison, sans respect, deshumanisées, meutries, pauvres mamans.
    http://www.facebook.com/MonCorpsMonBebeMonAccouchement

  28. En parler c’est important,ça fait du bien surtout quand on a vécu une expérience aussi difficile que la tienne. J’ai l’impression qu’il y a une certain tatou sur le sujet: , il y a des choses qu’on n’a pas le droit de dire, d’exprimer, on n’a pas vraiment le droit de se plaindre car c’est une naissance,qu’on devrait être heureuse …que c’est du passer que c’est maintenant que du bonheur ..oui mais la souffrance,le traumatisme passé reste un traumatisme .Pour pouvoir le dépasser,il est donc important de l’exprimer.J’espère qu’avec le temps tu arriveras à être mieux à le supporter. Sache que oui c’est normal ,que oui tu as raison de l’exprimer.
    Je te souhaite tout le bonheur du monde avec tes petits et ton homme 🙂

  29. Votre temiignage est poignant. Il existe de très bons soutiens, même dans les maternités! Et aussi l’association Mamanblues: http://www.maman-blues.fr/.
    Ne pas rester seule surtout! Votre corps a été meurtri mais vous n’y êtes pour rien

  30. Waou, très émouvant (et flippant !). Je ne suis pas encore maman moi-même, mais je ne peux que vous envoyer tout mon soutien ! Bravo en tout cas, je crois qu’en en parlant ainsi vous êtes sur la bonne voie 🙂

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