Tonnerre dans la chaumière.

col1Depuis quelques jours, 20 petits jours(qui me semblent une éternité) pour être précise, je ne suis qu’une boule de colère et de mécontentement. Je râle, je grogne, je peste, je fulmine et je tambourine. Rien ne me va, tout m’énerve et m’agace, je n’ai aucune patience, je suis tendue comme un string (comme dirait l’autre).

Evidemment, ce sont eux, mes deux petits bébés qui en subissent les conséquences : première ligne, premiers touchés. Et j’ai beau me répéter chaque matin, « Aujourd’hui, je reste calme et je respire, je m’amuse et je ris », ça ne marche pas. A la première bêtise de montougrand, je cris, je gronde, je m’agace. Je n’ai jamais été une grande patiente et j’ai tendance à me mettre facilement en colère quand les choses me contrarient. Mais en général, il en faut beaucoup pour me contrarier vraiment. Je sais que les enfants ont un vrai don pour appuyer là où ça dérange, ce sont des radars à embrouille, ils flairent une faille et s’y engouffre, mais là… quand même !

Alors dans les livres, ils disent des choses. Par exemple, quand tu sens que ça monte, il faut te demander en quoi ce que fait ton enfant te dérange (hors trucs dangereux évidemment) et si c’est juste une question de petit confort personnel, recadrer les choses en soi sans retranscrire une frustration personnelle sur ton enfant qui n’en est pas responsable. Ok, j’ai compris et j’adhère complètement à cette façon de penser. D’ailleurs, je suis tout à fait capable de le faire quand c’est l’homme qui gronde et que je trouve pas ça très justifié. Quand c’est moi, j’ai plus de mal ou alors, je m’en rend compte après et donc trop tard.

Alors je réfléchis à ce bouillon qui gronde en moi et je me rends compte de tout ce que j’ai laissé de côté depuis 3 ans, depuis le début de ma première grossesse. Parce que grossesse surprise, je n’étais pas préparée, je n’avais rien planifié, nous n’avions rien décidé et nous avons laissé planer. Si bien que chaque jour a enfoui en moi sa petite frustration. Pas grand chose, parfois, une insignifiante petite pointe d’amertume sur un sujet sans importance. Mais ajoutons 3 ans, C’est-à-dire 1095 jours, donc 1095 fois la petite phrase intérieure : « Ce n’est pas grave, bientôt, quand les enfants seront plus grands, je pourrais m’en occuper » et on fini par obtenir un amas d’insignifiance agglomérée qui pèse lourd sur le coeur. Et je m’en veux de ne pas voir su trouver le temps ou l’organisation ou l’énergie ou la possibilité ou la volonté de le faire. Je m’en veux et je me mets en colère. Et je lui en veux de n’avoir pas su lire en moi, trouvé les mots, aidé ou secondé comme je l’aurais voulu. Et je leur en veux à eux, d’être là et trop présents et trop demandeurs et trop petit.

Je me dis que si j’avais su, fait ceci ou cela, été plus ceci ou cela, moins ceci ou cela, tout aurait été différent. Mais ce sont de fausses excuses. Et je m’en veux de leur en vouloir, ce qui me mat encore plus en colère : Serpent, mords moi la queue !

Je m’efforce de contrôler au mieux cette colère qui ressort, mais je sens aussi qu’elle doit s’exprimer, sauf que j’aimerais pouvoir l’exprimer autrement que sur ma famille, la canaliser dans le sport? je n’ai pas le droit d’en faire pour le moment. La transcrire dans une activité artistique? oui, mais quand? et quoi? et quand? et surtout quand? la transférer et l’anéantir par de longues marches en forêt pour changer le négatif en positif? oui, avec une poussette et un Boba dans le dos, difficile de trouver un moment vraiment pour soi qui ne se change pas en boulot en retard ou en sommeil en retard ou en truc urgents à faire, ou en fée du logis power…

Alors j’ai ma petite boule de colère qui roule en moi et je n’arrive pas à l’évacuer. Pourtant, il va vite falloir trouver une porte de sortie. Très vite !

Publicités

10 réflexions sur “Tonnerre dans la chaumière.

  1. J’espère être un peu de cette porte de sortie 🙂

    Moi je crie, je ne garde rien. La dernière fois, je me suis rendue compte que c’était injuste pour Romane, alors je lui ai dit de me dire quand je criais trop fort mais de me laisser tranquille pour me calmer. Du coup maintenant, elle me dit « Maman tu crie trop fort » ou « Ayé t’es calmée? » huhu

      • J’en peux plus d’elle, elle est pleine de conneries ^^ la semaine dernière elle a dit à mon père « Papy t’es trop choupinette » mdr et hier « il faut que je mange bien pour avoir de gros tétous » … qu’est ce que tu veux dire après ça mouaahahahaha

  2. Cette boule de colère moi je l’ai lâché à la gueule de mon beau-père, depuis il fait la gueule, 1 semaine qu’il se planque pour pas me voir quand je sort… Mouhahaha des vacances… du coup ça fait 1 semaine que je ne crie plus, bizarre non?
    Je prend les miettes de temps que j’ai pour monter mes projets, doucement, TRÈS doucement, mais l’important c’est que ça avance.
    Après je n’ai pas de solution pour toi, je ne suis pas dans ta peau, ce qui a marché pour l’un ne fonctionne pas toujours pour l’autre, mais n’oublie pas que les solutions sont parfois là où on ne les attends pas.

    • huhuhu ^^
      pour ma part c’est plus une frustration personnelle, les autres qui gravitent autour ca va ils me font pas chier 😉

  3. C’est bizarre. Malgré un rythme de taré avec le 1er enfant, on a pas trop tardé a mettre le 2e en route et là, une fois que la petite 2ème a été là… Wahou !! Beaucoup de choses ont changé. On était 4, on était un « grand » foyer. J’étais hallucinée par la difficulté de rendre heureux simultanément 2 jeunes enfants aux besoins divergents mais concomitants. J’en ai bavé. J’étais heureuse de les avoir tous les deux, ces 2 petits bouts si craquants mais plus le temps passait, plus je me sentais pompée et je me disais « et moi et moi et moi ?? ». Mon homme et moi avons pris conscience de nombreuses choses petit a petit, vers les 6 mois de la 2ème.
    Nous ne sommes encore pas clairement au point sur tout mais nous essayons a présent de nous préserver pour mieux tenir sur la durée. Ce qui signifie : que chacun puisse garder des temps pour lui (sorties avec des copines pour moi, sport pour lui), que les enfants respectent notre moment de « grands » le soir et d’autres moments de la journée où c’est moins évident (non je ne vous parlerai pas du fait d’arriver a aller aux toilettes seule)… Et il faut sans cesse se recentrer pour ne pas repartir dans la course a la fée du logis. Le plus gros problème, c’est le manque de sommeil. Moi, je crois encore que quand ce point sera réglé, je serai plus « positivement » disponible en journée.
    En attendant, je passe mes journées a travailler mon nouveau projet pro (mon licenciement est super bien tombé) et j’essaie de m’aérer et je ne demande pas la permission à Mr pour ça… (Juste je lui demande de rentrer plus tôt que 19h30 ces soirs-là!!). Et je me dis que je donne une image d’indépendance et d’activité a mes enfants comme ça !
    Laisse décanter un peu et trouve, prends le temps de choisir UNE activité pour toi et toi seule, qui te permettra de te retrouver et d’évacuer une partie du ressentiment et de la frustration (bien normaux dans cette situation). Ne plus s’appartenir, c’est forcément intolérable… :-/

    • C’est exactement ça, et ajoutons une maison en travaux et une activité pro à développer sans cesse et c’est étage de plomb ^^
      Merci pour ton commentaire, je me sens moins seule ❤

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s