Tradition masculine

33733586J’imagine que c’est inscrit dans les gènes. J’imagine que c’est une façon de montrer qu’on est un homme, un vrai avec des poils aux couilles. J’imagine que c’est générationnel et incontournable, culturel et inévitable. J’imagine que la normalité voudrait également que nous, femelles, on se pâme d’admiration devant ce genre de vantardise Ô combien virile et que l’alliance du récit et des phéromone nous fasse tourner la tête…

J’imagine que oui…

J’imagine donc qu’il est inscrit en eux, les hommes, les mâles, le sexe fort et surpuissant, que pour plaire, pour exister, pour trouver sa place dans la société, il faut savoir se vanter, montrer sa supériorité, narrer ses (més)aventures avec forte voix, gestes grands et oeil brillant de fierté. Et là, en l’espace de quelques secondes, je suis projeté dans un passé lointain où le poilu-chevelu-masculin avait un rôle à tenir dans la tribu, celui de chasseur, celui qui brave les dangers pour nourrir le clan, et qu’après tant d’adrénaline, ils laissent parler la testostérone au coin du feu à conter, la voix tonitruante, le récit de leurs exploits devant une assemblée de femmes tremblantes et d’enfants aux yeux brillants. Je vois la scène comme si j’y étais, jusqu’aux ombres chinoises sur les murs des cavernes que le crépitement du feu rend encore plus mystérieux et désirable : L’homme… L’HOMME !!!!

Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et sur les ponts. Les chasseurs sont devenus des agriculteurs, les agriculteurs des citadins, les citadins des glandeurs et les glandeurs des losers. Mais la technique reste la même, se vanter d’un acte héroïque en parlant fort pour s’assurer que l’assistance féminine le trouvera tellement  musclé, fort et sexy et se sentira frémir de désir dans son string à paillette.

Mais les exploits de ces mâles ont eux aussi changés. Ils se sont transformés, ils se sont adaptés à la civilisation actuelle. Et si je pourrais encore me sentir toute papillonnante pour un gros bras me racontant la capture d’un mammouth à mains nues, j’ai du mal à ne pas avoir une envie irrépressible de doubles taloches à 5 pattes face à un petit puceau pré-pubert qui se vante d’avoir dégueulé son trop plein de mauvais vin sur son pantalon Gémo. Et le voilà qui bombe le torse en comptant le nombre de bières qu’il a bu alors qu’il est trop naze pour se modérer ou tenir l’alcool, le voilà qui beugle de plaisir en faisant l’énumération de ses déchéances, l’oeil surveillant son public qui, avouons le cherche par n’importe quel moyen à fuir cet individu au caleçon qui pue la gerbe.

Voilà donc la génétique des temps modernes, un patrimoine inconscient qui pousse l’homme à se faire mousser et à rouler des mécaniques pour impressionner la belette mais qui, faute d’exploits à se mettre sous la dent en arrive à se vanter de ce qu’il ferait mieux de taire. La honte n’existe plus? l’humilité non plus? et la décence? qu’en est-il de la galanterie? de la courtoisie?

Messieurs, jeunes gens, futurs mâles poilus, un conseil : soyez plus classe !  Te mettre minable n’est déjà pas glorieux en soit, mais nous énumérer le nombre de grains de maïs dans tes chaussettes c’est carrément anti-sexe !

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2 réflexions sur “Tradition masculine

  1. D’après les dernières études paléo anthropologiques, il semblerait que les sociétés de chasseur-cueilleurs étaient beaucoup plus égalitaires. Je pense donc que ce n’est pas dans les gènes, et que c’est venu avec l’invention de l’agriculture, comme la violence éducative, le travail, le machisme, l’égoïsme (il fallait être plusieurs pour chasser le mammouth, il y avait donc davantage de collaboration entre les humains), la mauvaise habitude de consommer du lait de vache et du sucre. En plus d’une baffe, j’aurais eu très envie de dire à ce méprisable crétin que ses ancêtres préhistoriques valaient mieux que lui à cet instant…

  2. Ah ah, j’ai bien rigolé. J’imagine bien la scène !!!
    Ceci dit, si c’est très rigolo, je ne suis pas certaine que l’on puisse expliquer les comportements actuels par des soi-disants gène qui viendraient de nos origines préhistoriques. Ça, c’est dans les bouquins style « Mars/Vénus », c’est très rigolo c’est sûr, mais au delà de l’humour, je trouve que cela « fige » un peu la situation, du genre « ben les femmes, vous êtes dévolue au ménage/ nettoyer la grotte, ça vient de nos ancêtres alors pourquoi voulez-vous que ça change, fermez là maintenant » (j’exagère, hein!).
    De nouvelles études montrent que le cerveau des hommes et des femmes ne sont pas si différents que ça, et c’est surtout, principalement, l’éducation qui modèle les comportements. Ce serait ainsi le culturel qui nous ferait hommes ou femmes.
    Pour en revenir à ton histoire: je pense donc que c’est surtout un petit con mal élevé ! 😉

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