Les maladresses qui fâchent.

567420_339481545_non-dits_H225312_LLa famille… Devenir mère, c’est souvent rompre soudainement le lien fusionnel que tu entretenais avec ta propre mère pour reporter tout ton amour et toute ton attention vers ce petit être qui va naître. Et une fois l’enfant né, cette coupure se ressent encore plus fort. Lorsque le second est en route, le processus est déjà achevé, plus jamais le rapport mère/fille ne sera le même qu’avant.

Pour toi, c’est un cheminement de vie naturel et normal. mais pour ta mère qui se voit relayée au rang de grand-mère et qui voit sa fille chérie s’autonomiser et prendre ses propres décisions sans réclamer l’aval de sa môman, c’est un coup dur. Pour peu que tes choix de nouvelle mère maternante se portent sur des actes qu’elle ne maîtrise pas ou ne comprend pas car elle n’a pas elle même pu les expérimenter, comme le peau à peau, le portage, l’allaitement ou la DME et c’est une mère perdue et au bord de l’aigreur qui commence à faire son apparition.

Par tous les moyens, elle tentera de reprendre le dessus, de te montrer que même si tu es maintenant mère à ton tour, tu ne sais pas faire, tu es encore un bébé qui comprend rien à la vie et qui n’est pas bonne à grand chose. Elle tentera pas des techniques d’intimidation, des phrases culpabilisantes, des attitudes de victime de d’asservir encore un peu.

Elle tentera. Parce que c’est dans sa nature de mère fusionnelle et qu’elle ne sait pas faire autrement.

Sauf que la fusion n’est plus que dans un seul sens. toi, tu as reporté tes névroses sur ta propre progéniture ! La voilà désemparée et en colère. Elle n’a plus de prise sur toi. Elle enrage et en désespoir de cause fera et dira des choses insensées.

Le clash est consumé, la rupture est évidente, c’est la fin des gentils grand-parents gaga. Et pourtant ce n’est parti de rien. Une première phrase idiote lors de l’annonce de ma deuxième grossesse « ce n’est pas une bonne nouvelle ». Un jugement sur mon choix concernant l’éducation non violente « nous on ne vous a jamais mis au coin pour si peu » (non, c’est vrai, je n’ai jamais connu le coin de la maison, mais ma joue se souvient bien de ta main cinglante…) Puis, des jugements en tout genre, sur tout et sur rien et ce qui n’étaient que des maladresses deviennent des paroles blessantes délibérées.

Puis, une menace, un coup de fil qui raccroche au milieu d’une phrase… Black Out.

… … …

 

Le silence depuis un mois, le calme depuis un mois, le repos et l’apaisement au fond de moi. Y repenser et se dire que les relations toxiques, on s’en rend compte quand on en sort. Se dire que même si la violence de cette rupture avec mes parents a été très perturbante au début, aujourd’hui, je me remercie d’avoir su protéger ma famille.

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6 réflexions sur “Les maladresses qui fâchent.

  1. Je n’en suis pas encore au point de non retour, mais on s’en approche, ce n’est pas vraiment qu’elle n’accepte pas mes choix, mes méthodes d’éducation, mais plutôt qu’elle s’éloigne de plus en plus de moi, pour se rapprocher de ma soeur ! tant pis pour elle je devrais dire, mais ça fait mal !
    Bon courage !

  2. Ouch, ça n’a pas eu l’air facile dis moi.
    J’aime beaucoup ta (presque) dernière phrase: « les relations toxiques, on s’en rend compte quand on s’en sort. » Cela me parle fort.
    Sinon je n’ai pas du tout ce type de rapport avec ma mère, et je me dis que finalement, elle est pas si mal que ça, ma maman ! Malgré les petites embrouilles inévitables.
    Bon courage, c’est vrai qu’on se sent bien quand on a fait le vide et que ce vide s’avérait nécessaire.

  3. Un récit qui me fait écho…mise à part que le black out passé, ma mère est revenue tout doucement…avant de recommencer les petites réflexions cinglantes au compte goutte, les tentatives de déstabilisation pour me faire douter de moi, de mon couple, de ma capacité à voir les choses.
    Aujourd’hui nos rapports sont cordiaux, mais moins je lui en dis, mieux je me porte.
    C’est terrible d’en être arrivées au point où je fais attention au moindre de mes mots pour ne pas lui donner de raison pour « me battre ». Cette sensation que rien ne sera plus comme avant.
    Je ne suis pas une personne rancunière mais elle a dépassé les bornes sur la fin de ma 2ème grossesse (j’ai déménagé durant mon 9ème mois de grossesse en pleurant sur mes cartons pour mon fils aîné qui aurait bien eu besoin de sa mamie pendant le grand chamboulement qui était en cours…elle n’a pas été là pour lui simplement parce qu’elle voulait me blesser, moi).
    J’ai beau lui pardonner beaucoup de choses…je n’oublie rien.

    • je ne sais même pas quoi te dire tellement je comprends ce que tu ressens ❤ ❤ ❤ la colère aveugle et fait oublier les essentiels. prends soin de toi, de ta famille c'est cela l'important !

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