l’oublié de la grossesse…

Ton périnée, c’est un peu ton ami pour la vie. Et les amis, il faut en prendre soin. Mais toi, ton périnée, tu t’en cognes pas vrai ?  Tu n’as pas d’enfant, donc tu ne sais même pas que ça existe. Connais pas ! Et puis même si un jour on t’en a vaguement parlé pendant ta grossesse, personne ne t’a expliqué ce que c’est, où c’est, ni comment le travailler, ni même pourquoi le travailler.

Ton périnée en fait, tu vas en entendre parler quand il sera déjà trop tard, après ton accouchement, quand la sage femme viendra te donner une ordonnance avec 10 séances chez le Kiné à faire 6 semaines après ta sortie de la maternité. Parce qu’il aura souffert, parce qu’il faudra re-muscler, parce que tu feras pipi dans ta culotte chaque fois que tu éternueras.

Sauf que ton périnée, il aurait pu morfler un peu moins si on t’en avait parlé avant, dès le début de ta grossesse, avec des références de bouquins pour mieux comprendre et pour le travailler, le masser, le bichonner.

Un périnée en bonne santé, c’est tout un tas de soucis évité : descente d’organes (au pire des cas) fuites urinaires, douleurs pelviennes, episiotomie etc.

Moi, mon périnée, après mon premier accouchement, il a été mal rééduqué, objectivement, te re-muscler avec une sonde qui t’électrocute le vagin toutes les 45 secondes, et ceci 30 minutes pendant 1à séances, c’est à peu près aussi efficace que de vouloir bronzer avec la lune. Après mes 10 séances  j’avais encore parfois quelques fuites après une quinte de toux ou une série d’éternuements. Et comble du bonheur, lorsque tu en parles à ton gynéco, il t’osculte vite fait, par acquis de conscience ou pour le plaisir de te mettre deux doigts (rayer la mention inutile) et il il te dit l’air détaché et pas du tout concerné : « Non, il serre bien »

oO hoooooo bah s’il serre bien alors, voilà toute mon affaire ! et je fais quoi pour mon incontinence à l’effort ? Mais il ne t’écoute plus il ets déjà à réfléchir au prochain produit type stérilet ultra sonic qu’il va bien pouvoir te vendre…

Puis, vien tun second bébé et avec lui la sensation de lourdeur sur la zone déjà sensible et fragilisée. J’ai pris les choses en main et j’ai laissé parler dans le vide tous ceux qui ont cru bon de me dire que tout rentrerait dans l’ordre après la stimulation électrique du périnée chez le kiné. Mais oui mais oui !

Alors si toi aussi tu te soucis de la bonne tenue de ta ceinture pelvienne et de la dynamique de ton bassin, que tes petits strings roses te font de l’oeil dans ton placard et que le rayon foisonnant des couches Tena ne t’attire pas du tout voici deux livres que je te conseille très vivement de te procurer et de lire avec attention et amour de toi même.

°°° Le périnée féminin et l’accouchement de Blandine Calais-Germain – ISBN : 2-9500608-1-1

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Ce livre propose aux femmes, par une démarche de conscience et d’expérimentation raisonnée, de comprendre leur corps, de connaître leur périnée, de le construire ou de le reconstruire.

Un langage simple, des explications anatomiques précises, et des exercices pratiques permettent une compréhension facile et une exactitude sur le plan de la physiologie.

Aux éditions Anatomie pour le mouvement.

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°°° Périnée arrêtons le massacre du Dr Bernadette de Gasquet – ISBN : 978-2-501-07014-0

IMG_2780 Mauvaises postures, séries d’abdominaux désastreuses, pratique sportive néfaste pour le corps, accouchement, suites de couches souvent mal gérées, constipation, incontinence, douleurs multiples : Halte au massacre !

Il est temps de s’attaquer non pas aux symptômes mais à la cause.

Aux éditions Marabout

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Avec tout ça, le pipi culotte va trembler dans son protège slip !

7 jours… et puis…

IMG_2384Il reste 7 jours. C’est la logique des choses. Le bébé peut arriver avant, parfois bien avant, mais il peut aussi arriver après ou le jour même. Et même si la simple pensée que je puisse passer les fêtes de Noël à la maternité, loin de mon grand fils et de la magie de voir briller ses yeux, avec toute la famille sous le sapin, me tire des larmes de crocodiles (Hormones power), je me dis que finalement : « C’est le jeu ma pauvre Lucette ».

Même si ça me chagrine vraiment.

Et bien sûr, parce que la vie serait trop douce sinon, je dois en plus supporter les reproches de la famille qui râle, parce que bon, « tu comprends, nous, on vient de loin, alors si c’est pour pas te voir et passer ton temps à la maternité, c’est quand même dommage ! »…

Après un petit temps de surprise, j’ai fini par répondre méchamment : « Tu sais, peut-être même que le bébé n’arrivera qu’après terme et que vous serez déjà repartis, alors je serais vous, je resterais chez moi, c’est vrai, après tout faire 1200 km pour rien ce serait con ! »

Donc, oui, on se sent soutenus, à 7 jours du terme. Mais pourquoi est-ce qu’il faut toujours qu’un enfant arrive avant? Oui, mon ventre est ENORME, oui, il est bas, oui, on a VRAIMENT l’impression qu’il y en a 2 ou que je vais mettre bas, là tout de suite, sur le tapis roulant de la caisse de Carrefour, mais non ! Personne ne peut prédire s’il sera là 3 semaines avant terme ou 2 jours après et tant mieux. Même si j’en ai marre, parce que c’est lourd, ça tire, je roule plus que je ne marche, quelque part, c’est magique de se dire que rien n’est prédit, que chaque seconde est une surprise et que chaque soir, je me couche en me demandant si demain matin on sera 4.

Dans la bouche des caissières : « Houlà ! c’est imminent! » – Mais qu’est-ce que tu en sais guenon?

Dans le bouche de ma (douce) mère : « Bon on est le 15 là, il arrive quand? » – demain à 14h12 par le train, quai n°4 !

Dans la bouche des médecins : « Ha bah ce sera un beau bébé avec un ventre pareils ! » – Beau oui, gros non, et alors ?

Et le soir, quand mon fils dort, que je m’allonge, je caresse mon ventre et je lui explique que tout cela ce n’est pas grave, qu’il peut prendre le temps qu’il faut pour être prêt, vraiment prêt à affronter tout ce qui l’attend dehors et que oui, il a bien raison de profiter encore un peu de quelques galipettes dans sa piscine privée où il ne manque de rien et où il a pour musique et réconfort, le coeur de sa maman…

Avec le temps…

Attendre.

Il arrive un jour où plus rien ne reste à faire sinon attendre.
Tout est prêt, autant que possible.
Le repos des jours durant, autant que possible.
Et l’espoir, chaque instant de sentir autre chose, là en soi.

Attendre.

Parce qu’on est devenue encombrante, lourde à bouger.
Parce qu’on se sent parfois inutile.
Parce qu’il faut encore un peu de temps avant le grand saut final.
Et on en vient presque à souhaiter la douleur, là en soi.

Attendre.

Tourner en rond, du côté gauche au côté droit et soupirer.
Lire, un peu, écrire, un peu, regarder la télé et soupirer.
La fin, c’est long même si ce n’est souvent l’affaire que de quelques jours.
Et pourtant la plus belle longueur s’est faite sans même y penser, là en soi.

Attendre.

Regarder tourner l’horloge et s’impatienter.
La seconde d’après, regarder le chemin parcouru et flipper.
Se demander, comment, se demander ses yeux, ses cheveux, son caractère.
Et espérer ceci ou cela, que l’on aimerait qu’il prenne, là en soi.

Attendre.
La délivrance et la rencontre.

S’attendre…

Le dernier Rdv.

IMG_2323Il y a quelque chose de solennel dans ce dernier rdv. A 15h mon gynécologue va me recevoir pour la dernière fois de ma grossesse. Le rendez-vous du 9eme mois, celui où plus rien n’a d’importance sinon la taille du col et son ouverture éventuelle.

Oublié, l’enfer de la pesée et les gros yeux qui condamne les plaquettes de chocolats dans le sac à main.
Oublié, les questions pénibles sur le pipi qui brûle ou la mycose qui gratte.
Oublié, les prises de sang inutiles, les tests en tout genre, les injections de produits bizarres.

Étrangement on croit toujours que ce dernier rdv ne se fera jamais, qu’il arrive trop tard et que le bébé sera là avant. C’est que ça pèse, ça tarde, ça tire de partout et qu’on tente tant bien que mal de se persuader d’un accouchement rapide et efficace dès 37 semaine, LA date où tout devient possible.

Mais comme pour mon premier, ce rdv aura lieu, ce bébé n’est pas pressé, il se prépare, peaufine ses derniers apparats pour une sortie en fanfare et en beauté !

Ce rdv, finalement, je l’attends avec impatience, pour une seule et unique raison, connaitre l’état de mon col et rêver à un possible accouchement d’ici quelques jours, et quand je dis quelques jours, on se base sur 3 ou 4, pas 20 !

Ensuite, vont se succéder les monitos à la maternité, les vérifications d’usage et l’attente. On va guetter le bouchon muqueux, cette petite glaire horrible qui redonne l’espoir à toutes les futures mamans impatientes. On va guetter le moindre signe qui pourrait laisser présager d’un accouchement imminent, le souhait le plus fort étant la perte des eaux, hop direct au boulot !

Et sinon, chaque jour, se poser, prendre un livre et oublier un instant qu’on roule plus facilement qu’on ne se déplace, qu’on a mal partout et qu’on soupire 178 fois par heure…

Oui, j’attends beaucoup de ce rdv, de ce dernier rdv. Pourtant je sais qu’il ne faut pas !

Ma lettre au Père Noël

Cher petit papa Noël,

Il y a 9 mois, je t’ai commandé un bébé pour Noël. Tu ne devais pas être encore trop débordé et tu as accédé à ma demande sans aucune difficulté. C’était presque vexant de se dire que hop ça marche du premier coups, à croire que j’ai été drôlement sage ses dernières années pour que tu ne cherches même pas à me titiller la conscience. A moins qu’entre temps, pris du remord tu n’ais pris la forme de ma mère pour me cracher des horreurs à la gueule et faire de ces 3 premiers mois de grossesse une « Mauvaise nouvelle »…

Mais laissons cela de côté. Aujourd’hui, Noël approche à grand pas et tu es très probablement débordé à mettre en place tous tes cadeaux dans ton traîneau. Moi, mon cadeau, il cuit encore et même si effectivement, je te l’ai demandé pour Noël, à quelques jours près, je ne serais pas fâchée si, pour te décharger un peu tu acceptais de me l’offrir un peu plus tôt, voire même maintenant. Je ne suis pas rigide sur les dates, Noël c’est décembre, le 24 ou le 25 c’est juste pour la bouffe et la famille, non?

302706_ES6XXDCFZZ42BPIK3PPTWHWSE7FAEE_pere-noel_H160637_LIl y a que, si tu m’offres mon bébé de quelques 3kg couillus pour les fêtes de Noël, je ne pourrai pas voir mon grand garçon ouvrir son cadeau, manger des marrons et faire l’abeille avec son grand-père. Je ne pourrai pas voir son abruti de père (mal) déguisé en toi et faire « HoHoHo » en grimaçant pendant que mon fils se cachera les yeux avec ses petites mains en disant « apeur apeur »

Tu comprends, j’avais fais un mauvais calcul et mon ovulation est une connasse qui m’a joué un sale tour, alors comme je sais que tes pouvoirs sont immenses et que tu es un peu le Dieu du bolduc, si mon paquet pouvait pointer son nez une petite semaine avant le réveillons, je pourrai alors rentrer chez moi pile poil pour les festivités en famille.

Je te laisse réfléchir, mais fais vite quand même, il faudrait que je sorte le chapon du four au plus tard le 20 décembre… Dans 15 jours. Tu me dois bien ça, tu te souviens comme j’ai été sage?

Bisous Papa Noël et va pas t’enrhumer sur ton traîneau !

J’aime pas être seule…

La solitude n’a jamais été mon truc. Je suis un animal sociable et j’ai besoin de toujours me sentir entourée de mes amis et de ma famille, même s’ils sont loin et que je ne les vois pas souvent. Je suis une fusionnelle aussi, j’aime faire à deux, vivre à deux, être avec, partager. Ma tendre moitié est pire que moi sur ce coup là, c’est un solitaire dépendant, il aime être seul mais toujours avec moi. Même pour aller chercher du pain, il préfère que je l’accompagne, c’est trop mignon.

Mais la vie ne te permet pas toujours de te coller à celui ou à ceux que tu aimes et il arrive toujours un moment où tu te sens seule. Or, cette aversion pour la solitude s’accentue à mesure que les mois, les semaines de grossesse s’entassent et aujourd’hui, c’est carrément l’angoisse quand il n’est pas près de moi. Pas parce qu’il me manque mais simplement parce qu’il est loin et que si je devais partir à la maternité, seule, sans lui, ce serait l’enfer, je me sens désarmée.

Je lui ai demandé de toujours avoir son téléphone près de lui et de toujours décrocher quand j’appelle. Mais cela ne me rassure pas. Quand il part bosser à 70 bornes de la maison, je sais très bien que téléphone ou pas, il ne peut rien pour moi si je perd les eaux ou si je tombe etc. Oui, il y a bien les voisins ou les urgences, mais c’est pas pareils…

Pourtant, depuis la naissance de mon premier, je ne me suis plus jamais sentie seule physiquement, (moralement, c’est une autre histoire !) et cela me faisait un bien fou, surtout après avoir passé une grossesse stressante. Car oui, ma première grossesse a été assez éprouvante nerveusement, je me trouvais grosse et laide et je passais mes journées à psychoter en pensant que mon homme allait me quitter ou pire, me trompait pendant que moi, je m’usais à fabriquer notre enfant : les hormones, je te jure !

Bref, rien de semblable pour cette seconde grossesse, seulement l’angoisse de la solitude, de l’abandon dans la douleur des contractions, de l’ingérence de l’événement, de la mort aussi un peu (mais ça je t’en ai déjà parlé)

Vivement l’accouchement, que mes angoisses se déplacent ailleurs pour me changer les esprits 🙂

Une femme, mais une F.M.R

Hier, entre deux tournées de linge, je t’avais écrit cet article, qui, en l’espace de 2 heures chez mon Gynécon, a complètement  perdu son sens. Mais je te le mets quand même, parce que finalement, je suis d’autant plus F.M.R maintenant que je suis contrainte au repos…

Ça m’est tombé dessus depuis peu, je suis passé du statut de femme à celui d’F.M.R. Mais je suis une F.M.R éphémère, rassurons-nous.

Car le 8ème mois a fait de moi, une Femme à Mobilité Réduite. Une semi baleine, un convois exceptionnel, un caillou à hélitreuiller du canapé au frigo et du frigo au canapé… Plus sérieusement, je bouge encore beaucoup, je bosse encore donc il m’arrive même de faire 200 bornes dans la journée pour le boulot, je me lève 4 fois dans la nuit pour pisser et au moins autant pour remettre la tétine du fiston dans le gosier, bref, autant que possible, j’assure le minimum.

Mais je me sens lourde, mon centre de gravité a bougé, l’attraction terrestres se ressens plus puissante chaque semaine, je n’arrive plus à porter mon fils du sol au siège auto, je n’arrive plus à rester 15 minutes debout à attendre, je m’essouffle vite et donc, je me fatigue et m’énerve vite.

Dans 1 semaine je serais en congé maternité, dans une semaine j’aurai toutes les excuses du monde pour rester à la maison, coincée dans le canapé entre le chat et un bon bouquin. J’aurai le droit d’appeler ma mère pour venir me faire mon linge et mon ménage, sans scrupule. Je pourrai reposer mon esprit et relayer le boulot au printemps prochain (si j’y arrive).

Mais être F.M.R, c’est aussi rouler élégamment jusqu’au rebord du lit pour se lever, un peu comme une tortue qui se retrouverait sur le dos…

Etre F.M.R, c’est aussi flipper dès que tu dois descendre à pied une pente à 6%, avec ce dilemme : « Est-ce que je me mets en  boule et je roule jusqu’en bas? ou est-ce que je tente un équilibre précaire sur 2 pattes quitte à risquer de tomber? »

Etre F.M.R, c’est écouter ton homme te proposer d’aller passer deux heures en forêt ramasser des champignons, le bébé bien calé en écharpe contre papa, t’emballer et finalement les regarder partir tous les deux et rester en tête à tête avec tes contractions et ta télécommande…

Etre F.M.R, c’est tenter de sortir de la voiture en mois de 3 minutes et finalement attendre que l’on vienne t’extirper de là quand tu auras repris ton souffle…

Etre F.M.R, être obligée de demander à quelqu’un de t’aider à retirer tes chaussures le soir, après être bien bien certaine que tu n’auras plus besoin de les remettre de la soirée !

Etre F.M.R, c’est faire ton repassage assise, préparer à manger assisse, plier le linge assise, et surtout  ignorer dans son coin le lave vaisselle et le nettoyage de la baignoire…

Mais surtout, c’est prendre son mal en patience, taire les petites douleurs, essayer quand même de jouer, câliner et chahuter avec son fils, rester une femme, malgré tout, rester une mère malgré tout. Et se reposer dès que possible.