C’est quoi l’apéro?

ne-pas-deranger-c-est-l-heure-de-l-apero_designAlors que je terminais mes courses rapides du vendredi soir dans mon supermarché préféré, je regarde les clients avant moi qui étalent sur le tapis l’étendu de leur caddie. J’aime bien voir ce que les autres achètent. Ils me rappellent que je suis une extra-terrestre dans ce monde consommant à outrance. Presque pas de Bio, presque pas de légumes ou fruits frais, des tonnes de barbac et des produits transformés, transformants… de la mort en boite. Mais je m’égare…

Aussi, je laissais courir mon regard sur ce tapis roulant et je vois ces bouteilles et ces gâteaux apéritifs qui se succèdent. Je me dis « Hoooo gros apéro les amis ! » et je souris.

Et puis, je regarde partout autour de moi et tous, ils ont de quoi faire l’apéro du vendredi soir, tous les âges, des couples jeunes et vieux, avec ou sans enfants. Et je me crispe. Depuis combien de temps n’ai-je pas acheté ce genre de produits? Mais dans mon esprit, ce n’est pas la vraie question. La vraie question qui me crispe c’est : Depuis combien de temps n’ai-je pas fait d’apéro? Même un apéro Végé avec des trucs qui croquent et qui sentent le fenouil? Même un semblant d’apéro avec du jus de betterave?

Je prends conscience que, depuis ma séparation, depuis que j’en chie je vis seule avec mes enfants, personne, oui, oui, PERSONNE de mes amis n’est venu me rendre visite. Ce nouvel appartement ne connait pas mes amis proches, ni mes amis d’enfance, ni mes amis lointains. Cela m’a beaucoup perturbé et alors j’ai compris cet immense sentiment de solitude qui m’habite depuis la séparation. Cette sensation d’être coupée du monde. Alors j’ai beaucoup bougé, j’ai fait des kilomètres et j’ai garnis les péages pour combler ce vide. Mais si jamais j’arrêtais de faire les trajets qu’est-ce qui se passerait? Si alors je n’avais plus les moyens financiers de sortir de ma campagne pour aller voir ceux que j’aime? Serai-je condamnée à moisir seule chez moi?

Finalement, je me suis rendue compte que j’avais une très grande aptitude au bonheur. Une belle richesse intérieure aussi, qui fait que je ne me sens jamais très seule très longtemps avec moi-même. Et j’ai béni mes enfants ! Grâce à eux, j’ai un peu de vie dans les jambes pendant 5 jours (Et 5 nuits…). Je me suis dit aussi que dans le fond ce n’est pas très grave, mais qu’il était peut-être temps de changer de vie, de ville et d’amis…

Alors ce soir, histoire de vivre ces 3 jours seule avec moi-même sans amis mais dans la joie, j’ai fait péter le Jus de Carotte et les bâtonnets de concombre ! Le tout devant TeenWolf, parce que moi, je kiffe les loup-garous prépuberts  ! Youpilou !

Un hiver romantique… ou pas.

romantisme-couples-amoureux-coin-imgL’hiver a cette connotation romantique et cocooning du feu de bois qui crépite, du vin chaud à la cannelle ou du chocolat fumant dans ta tasse préférée, des cannelés maison ou même des dattes truffées de pâte d’amande colorée. C’est l’image vaporeuse des légers flocons de neige qui descendent timidement sur les toits à demi caché dans le brouillard givrant de la nuit qui s’annonce. C’est l’envie de fourrure, de tapis moelleux, de polaire douce et des couvertures moumoutes. C’est l’image du câlin coquin dans la lueur vacillante des bougies et la nuit infinie qui ouvre à toutes les confidences de 16h à 9h…

L’hiver tendre et presque cinématographique que mon côté rêveur romantique me jette est  à peu près à cette image.
Ma réalité est très légèrement différente…

Dehors, mon regard inquiet guette chaque changement de température, car trop de verglas ou trop de neige et c’est la cata : Pas de nounou = pas de boulot = enfer sur terre, mais c’est sans compter sur toutes les petites choses moisies qui peuplent le corps de mes enfants au système immunitaire incomplet et qui, semaine 1 te font l’otite-rhino-bronchite du millénaire, semaine 2 enchainent sur une gastro avec ballet de vomi synchronisé et t’achèvent semaine 3 avec un grippe 40°C même pas envie de dormir oO.

Tu passes ton hiver glamour à moucher du nez vert, changer des draps 2 fois par nuit, faire des aller-retour à la pharmacie, appeler les nounous, appeler les mamies, repousser tes rdv, et laver, laver, laver pour échapper un peu à tous ces microbes collants. Chose que tu parviens à faire le temps qu’ils sont malades. Mais dès que l’alerte s’arrête pour eux et qu’après 3 semaines à ronquer comme des bien-heureux à n’importe quelle heure il sont bien en forme, toi, tu enchaines, gastro-grippe-trachéite-bronchite-otite (double de préférence) en une seule fois le seul week-end où tu pouvais enfin souffler et penser à toi, aller faire les soldes, manger des marshmallows fondus sur le gaz ou lire, lire , lire les pieds dans des chaussettes trouées collés sur le radiateur poussiéreux !

Et c’est à cet instant, alors que la fièvre te fait délirer au fond de ta couette, les cheveux gras, le corps en sueur, à grelotter dans ton pyjama en laine de yak usé jusqu’au trognon, que tu repenses à ce temps hivernal hypra romantique que tu n’auras jamais, en tout cas, pas tant que tu auras des enfants de moins de 20 ans, parce que définitivement, ton retour d’acné post grippe et ton nez craquelé qui pèle post rhino ne te permettront certainement pas de trouver The Bestial Sexy Man et de le dévorer nu sur ta peau de bête (synthétique, on est pas des barbares)…

Alors tu te consoles, seule, le tas de mouchoirs sales au pied du lit avec un bon grog bien chaud et bien fort et tu demandes gentiment à tes délires de t’emmener directement dans ce film girly et sexy et romantico-culcul qui te fait tant rêver…

haaaa viens plus près Brad…

Noël en pièce détaché

1418314567_635_3_regCette année, je ne ferai pas Noël en famille. Je le ferai en demi-famille. Cette année, je ferai Noël le 26 décembre avec mes bébés d’amour parce que le papa et moi on s’est séparés. Alors je m’apprête à vivre la première expérience de famille monoparentale de ma vie : être seule dans mon appart le 24 au soir et le 25 au midi.

Je n’ai jamais été très portée sur les dates et les conventions, mais étrangement, cette fois-ci, pour tout un tas de raisons idiotes, je sais que je pleurerais devant mon assiette. Je me suis prévue un film drôle et un menu calorique afin de ne pas accentuer mes sentiments d’échec. Je sais que je récupère les enfants juste après pour fêter (encore) le sapin et l’anniversaire de montoupetit avec Ma famille. Pour eux, ce sera peut être étrange, mais ils vont être 2 fois plus pourris gâtés : Non, je suis désolée, ça ne compense pas !

Et tu sais, même si ce n’est pas facile, je ne regrette rien. Cela me perturbe presque plus que tout le reste…

D’un coup je prends conscience de tout ce qu’ils auront et de tout ce qu’ils n’auront pas. De tout ce que j’ai eu comme repères (mes parents étant toujours ensembles) et que je ne pourrais leur offrir, en tout cas autrement. Mais je sais aussi toute la souffrance, la colère ou les angoisses que je ne leur transmettrais pas en sacrifiant ma vie pour un idéal familial bancal et invivable. Je prends conscience de toute la difficulté que c’est d’élever seule 2 enfants en bas âge tout en travaillant et je m’épate de toute cette énergie que je trouve. Je prends conscience du calme qui s’inscrit en moi petit à petit et qui faisait défaut lors de mes frustrations de couple. Du coup, je prends d’autant plus conscience de ces 2 petites éponges émotionnelles sur patte, qui malgré le manque de repère encore évident pour eux, sont de plus en plus posés, à l’écoute, sereins. A la fois avec moi, mais aussi avec leur mamie et leur papa.

Comme quoi, certaines décision douloureuses sont bénéfiques au plus grand nombre…

Je vois que je suis petit à petit différente. Que le regard des autres change et que je m’en carre l’oignon, que le discours de mes parents change et qu’enfin il est respectueux, que j’apprends à m’organiser et que je peux vraiment me faire confiance. Toute cette épreuve m’apprend à m’aimer et à être enfin vraiment dans Ma vie et mieux avec mes enfants. J’avoue que je n’aurai jamais cru cela possible. Je pensais vite regretter mon choix, par peur de la solitude, par fatigue et incapacité avec les enfants, par manque d’amour ou que sais-je. Non. Tout est mieux, plus simple, plus clair.

Alors cette ambivalence entre les schémas de société et mon bien être est parfois perturbant, mais finalement le bilan de l’année est fait : Tout va bien.

L’hésitation.

hesitation
J’ai hésité.
Août, septembre, octobre, novembre, j’ai hésité.
Et puis non.

Non je ne fermerai pas ce blog. Pas maintenant, pas encore, pas du tout même.
J’ai hésité à en ouvrir un autre. Qui serait plus adapté à ma nouvelle vie. Un qui me changerait de mon passé.
J’ai tout créé… Et puis non.

Non, parce que malgré tout je suis la même. Un peu différente, mais la même.
J’ai juste envie de continuer à écrire et j’ai juste BESOIN de continuer à écrire.
Je vais reprendre le rythme, progressivement, en douceur, j’ai presque l’impression d’être convalescente ^^

Alors coucou !

Maman est un problème.

Tableau de Tomás Yepes, XVIIe s.

Tableau de Tomás Yepes, XVIIe s.

 

Avant maman avait un problème.
Maintenant, maman n’a plus de problème.
Maintenant, maman est un problème.

Parce que maman ne mange plus ni laitages (mais ça c’était déjà avant), ni gluten, ni viande. Bref, maman est devenue Végan. Maman est une emmerdeuse.
Pourtant, maman n’impose rien à personne. Elle cuisine quand même le steak de papa, elle fait quand même du pain et des gâteaux. (tout cela qu’elle ne peut plus manger, parce que ça la rend malade, l’emmerdeuse…)
Mais pour papa, maman est une emmerdeuse, « va peut être falloir arrêter tes trucs de youloulou ! »

Alors quite à être prise pour une allumée, j’ai décidé de jouer le jeu à fond :

Hier soir…
Moi : « Tu veux manger quoi bébé ce soir? »
Montougrand : « Des saucisses et un yayout »
Moi : « Tu veux manger un cochon bébé tu es sûr? »
Montougrand : « Non maman, je veux juste manger des saucisses pas du cochon, faut pas manger les cochons maman, c’est gentil un cochon »
Moi : « Tu sais bébé, la viande que tu manges c’est un animal gentil qu’on a tué, et les saucisses, c’est un cochon qu’on a tué et qu’on a mis dans une saucisse… Tu veux toujours manger une saucisse? »
Montougrand : « Non maman, je veux pas manger des animaux, je prendrais juste un yayout, je peux manger un yayout maman? c’est pas des animaux? »
Moi : « oui bébé, les yaourts de maman ce ne sont pas des animaux, tu peux en manger »

Le repas se passe. Se passe bien même.
Puis, l’homme rentre et décide de se manger une boite de sardines.

Montougrand : « Papa, je peux gouter? »
Moi : « tu sais bébé, les sardines ce sont des petits poissons »
Montougrand : « Les poissons c’est des zanimaux? »
Moi : « oui, mon ange, ils vivent dans la mer »
Montougrand : « Alors z’en veux pas papa, on doit pas manger des animaux »

L’emmerdeuse a déclaré une guerre ouverte en instrumentalisant son enfant pour faire plier le mâle récalcitrant, voilà ce que certains diront.
C’est leur vérité, moi, je replace seulement les faits et je laisse le choix à mon fils de manger ou non des animaux morts.
Et pour le reste, chacun sa conscience.

Cette décision de ne plus manger de viande, je l’ai prise seule après plus d’un an de réflexion. C’est mon choix, mon parcours, mon corps, ma façon de penser et de vivre la nourriture. Je n’ai rien demandé à personne, je n’ai rien imposé à personne. Je savais que ce choix ne serait pas spécialement bien apprécié autour de moi et j’ai poursuivi ma démarche en conscience. Pourtant, le jour où j’ai annoncé à l’homme que je ne mangerai plus de viande, la soirée s’est terminée par cette phrase : « Je crois qu’on est devenu trop différents, il vaut mieux qu’on se sépare. »

Je te rassure, j’ai pu rattraper le coup, ramener cet être inquiet à la raison, on ne peut pas quitter sa femme pour un steak, c’est insensé, toutefois, j’ai compris que la bouffe, c’est comme le cul, faut pas déconner !!!

Aujourd’hui, tout est devenu plus calme et papa se carne quand maman se légumise et tout ça dans la joie ^^

C’est (presque) l’été…

Chouette ! l’été est là. presque là. Tout près, avec ses journées farniente, avec son soleil, son ciel, moutons blancs passagers.
Chouette, c’est le moment des petits hauts, des petits bas, des petits bouts de tissus pour cacher l’essentiel mais pas trop.
Chouette, c’est la période qu’on attendait pour colorer la garde robe et faire sa pin-up en terrasse.

L’été c’est beau, c’est chaud, c’est rigolo.
On se sent femme et divine, on cherche à plaire après l’hiver.
On veut être épilée, bronzée, dorée.
On veut bouger des fesses, frétiller des seins.
On veut plage.
On veut encore plage.

Et pour moi, l’été pourrait être tout ça si…
Si je n’avais pas l’air tellement enceinte alors que je ne le suis pas.
Si pour cacher ce ventre j’étais pas obligée de porter des gaines trop chaudes.
Si pour me sentir à peu près bien dans ma peau j’étais pas emmitouflée dans des petits hauts à 3 épaisseurs qui font illusion et qui font transpirer.

Entreterremere

Ho oui, je pourrais assumer cette bedaine au nombril proéminent, laisser parler tout ce petit monde sur ma possible grossesse (quoi, encore? quand même !)
Ho oui, je pourrais m’en foutre royal et j’aimerai.
Mais je n’y arrive pas.

Alors je vais encore vivre cet été comme un Bernard l’ermite, repliée dans ma coquille à faire mes exercices d’hypotension inutiles (ou presque) et à manger du chocolat, parce que maigrir rendrait les choses bien pire… !

Ho, la mégère !

Hier, je regardais les débuts de l’amour est dans le pré. Pas tout à fait passionnée par ce que je voyais, soucieuse de ce que j’allais devoir préparer pour le repas de midi de mes enfants et du boulot que je devais encore faire pour être zen avant de dormir. Autant dire que je n’ai pas suivi les magnifiques portraits, sauf à saisir quelques mots drôles et détournés dans ma tête de perverse sexuelle post bi-épisio mal cicatrisée du genre « cunicultrice »… huhuhu ^^

De toute façon, la connexion au net était pas top, on avait 4 mots sur 5. Mais bizarrement, sur Internet, quand tu te fais un replay, ça rame, ça rame, sauf la pub Oo Et mon regard se laissa guider par les images dorées, brillantes, alléchantes de la réclame version anorexique 2014. Quand soudain, sans prévenir, mon esprit a lâché un vieux commentaire « Pfffff ils pensent allécher qui ces publicitaires réac avec leurs mannequins de cire trop maigres et leurs effets lissés gloss à 2 balles? C’est même pas beau… »

(Image du film Tatie Danielle)

(Image du film Tatie Danielle)

Quoi? c’est moi qui ai dit ça? Moi l’ex ado qui collectionnait les publicités papiers de parfum? Moi qui ai fait des études de publicité pour reproduire exactement ces techniques que je trouvais Ô combien glamour ? Moi qui ai passé des Millions (et même plus) d’heures sur photoshop à retoucher mes modèles pour enlever la moindre petite imperfection de peau?

Mais dis moi pas que c’est pas vrai ! mais dis moi pas que je suis devenue une Mégère mal dégrossie du placenta! Non, NON, PAS MOI !

Ben si. J’ai regardé ce monde qui se veut être onirique et parfait et je l’ai trouvé glacé et sans âme. J’ai regardé mon corps, mon visage, mon homme, mes enfants qui bavent en dormant et j’ai trouvé ma vie tellement plus lumineuse et tellement plus vraie que ces 30 secondes pour vendre une odeur en bouteille.

Tant pis, j’assume mon côté mégère, si tant est être une mégère que d’aimer la vie, la vraie, les gens, les vrais plutôt que la pub, mais hier soir, j’ai quand même pris un coup de vieux, parce que je suis à des milliers d’années lumière de l’ado que j’étais !

(Et finalement heureusement) ^^