Merci, petites butineuses !

Je t’ai parlé il y a peu de notre miel, que je mets dans nos yaourts : Miam !
Et j’avais depuis longtemps envie de t’en parler, parce que le miel, c’est pas juste bon, c’est aussi très beau !
Je t’ai donc concocté un petit reportage photos de ce que nous avons fait à l’automne pour récupérer le miel de nos butineuses d’amour…

#S’équiper pour ne pas se faire piquer, ou alors le moins possible, car ça s’insinue partout ces petites choses là! Et aussi bien enfumer pour mles étourdir et les calmer pendant qu’on retire la hausse et qu’on prépare la ruche pour l’hiver.

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#Ensuite, tu rentres tes cadres, c’est beau de les voir gorgés de miel, les opercules fermés pour le retenir et cette symétrie! alors on désopercule…

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#Là, il faut récupérer le miel. Nous avions un cadre très vieux et les autres étaient relativement neufs, aussi, on a procédé en deux étapes, le vieux cadre, on l’a découpé, pour en remettre un neuf au printemps, et on a broyé la cire et laissé égoutté le tout pour en extraire le miel.

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#Sur les cadres, pour les coller et les tenir entre eux et au support, les petites abeilles font de la propolis. J’ai donc passé un temps fout à récupérer ce précieux cadeau car je connais ses propriétés bénéfiques pour le corps fragile des petits humains fatigués que nous sommes ! C’est un peu chiant à faire mais j’étais très contente ensuite de ma petite réserve à mâchouiller pour l’hiver 🙂

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#Enfin, pour récupérer le miel des cadres, nous avons investis dans une grosse centrifugeuse spécialement conçue à cet effet, tu disposes tes cadres à l’intérieur, tu tournes, le miel est expulsé des alvéoles et vient se coller à la paroi puis, lentement mais sûrement, tu laisses ton miel couler dans ton gros pot d’ours affamé ^^

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#Pour finir, tes cadres vides, tu les mets près de ta ruche, les abeilles vont venir les nettoyer pour en récupérer le miel et consolider leurs stocks pour la saison froide. Une fois les cadres nettoyés, tu les ranges précieusement et ils resserviront l’été suivant… Magique !

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Le choix du sexe.

On connaissait les escargots hermaphrodites, les Bononbos bi-sexuels, mais on ne connaissait pas encore d’espèce capable de décider du sexe de sa progéniture. Et même si l’Homme en rêve depuis toujours, c’est pas lui qui gagne malgré sa science et sa prétention à se prendre pour Dieu, Na !

Non, le grand gagnant dans ce domaine, c’est un parasite, moche et détesté de tous : la femelle acarien (plus précisément La femelle du tétranyque tisserand)

Tetranychus urticaeCette petit bestiole peut choisir de faire des filles ou des garçons en fonction des besoins de l’espèce. Une étude, menée par une équipe de chercheurs de l’université de Montpellier-II et de Lisbonne a planché sur le sujet et fait cette belle découverte qui, sans aucun doute va beaucoup faire avancer l’humanité dans son orgueil (cependant, je trouve leur découverte passionnante)…

Alors là, piqué dans ta curiosité, tu me demandes avec entrain : « Mais comment est-ce possible? »

Pour que tu comprennes bien tout, il faut que je te raconte comment vivent ces petites prétentieuses qui se la pètent avec leur sélection génétique incorporée.

Les femelles des tétranyques tisserand, une espèce parasite, rappelons-le, ne se font fécondées qu’une seule fois dans leur vie ! (ha, ça te fait moins rêver ça hein…) et donc, elles conservent en elles le sperme des mâles. Ces acariens pondent des oeufs. Des oeufs tous invariablement programmés pour faire des bébé mâles. De là, les femelles décident si elles veulent que leurs oeufs deviennent de futurs mâles ou de futures femelles. Elles le décident en fonction du nombre d’individus dans « la colonie ». Sachant que les mâles fécondent plusieurs femelles et que ces gentils petits soldats ne quittent jamais leur colonie natale, inutile pour perpétuer l’espèce d »avoir beaucoup de mâles, en revanche, il vaut mieux avoir toujours un bon stock de femelles reproductives sachant que elles par contre vont aller voir ailleurs si mieux s’y trouve… Logique implacable quand on est un parasite !

Aussi, si les femelles aspergent les oeufs qu’elles on pondues avec leur réserve de sperme en fonction de ce constat démographique pointu. Les oeufs deviendront de futures petites nénettes tétranyque, sinon, ce seront des mâles. Enfantin n’est-ce pas?

Donc, pour conclure et énerver tout le monde, en plus de faire office de banque du sperme, elles font aussi de la sélection génique : Épatantes ces petites bêtes !

La glace qui tue.

Tu connais ce phénomène : « brinicle » ? C’est la BBC qui a réussi à filmer cette tornade de glace sous la mer. Des images à peine croyables, et pour cause ! Tu te dis comme moi que l’eau de mer, ça ne gèle pas cocotte ! hé ho, je connais ma chimie… Ben oui, je sais bien que l’eau salée ne gèle pas !!!

« Le doigt de glace de la mort » ou « le glaçon de la mort », traduction à peu près littérale de ce que nous explique la BBC a été filmé en Timelapse (une série de photographies prises à des moments différents pour présenter en un laps de temps court l’évolution de l’objet photographié sur une période longue). Hugh Miller et Doug Anderson ont filmé tout cela au pôle sud près de l’ile de Razorback.

Ok, Ok, mais comment est-ce possible?!  Futura-Science t’expliquera tout ça mieux que moi :

Lorsqu’à la surface de l’océan, l’eau salée commence à geler, cela provoque le rejet de toutes les impuretés, y compris une grande partie du sel. Ce faisant, ces impuretés créent des petits trous rendant la glace fortement spongieuse.

En sortant de la glace, ces impuretés très froides augmentent la densité de l’eau avec laquelle elles se mélangent. Ceci a deux conséquences : d’abord cette eau très dense ne gèle pas malgré une température très basse, mais en plus elle tombe vers le fond de l’océan car elle est plus lourde.

Lors de cette descente, l’eau dense et très froide entre en contact avec de l’eau normalement salée, laquelle se met à geler. Puis le cycle se reproduit, provoquant la formation de cette stalactite sous-marine vers le fond de l’océan où le processus se poursuit horizontalement.

Ce tourbillon se forme dans les mers calmes, lorsque la température de l’air à la surface est largement plus froide que la mer. Il a été ici filmé à un endroit où l’eau était à -2° Celsius. Et donc, contrairement aux icebergs, ce bloc de glace plonge dans les profondeurs car il est plus dense que le reste de l’eau de mer.

Tu as tout compris ? Je te laisse avec la vidéo de la BBC, mais même si tu ne comprends pas l’anglais, regarde les images, c’est ça qui est beau !

Flore : des projets participatifs…

Le Muséum national d’histoire naturelle et Tela Botanica  fourmillent d’idées sympathiques pour combler le quotidien morne des botanistes en herbe. Dis comme ça, c’est pas très sexy, je te l’accorde. Et pourtant, l’idée est proprement géniale et constructive, utile et ludique, pleine d’avenir et surtout passionnante.

Quand on aime les plantes, les fleurs et la vie végétale dans son ensemble, on cultive son jardin, son potager, son balcon ou même son bout de trottoir. Et parfois, on aimerait partager avec d’autres le plaisir, la joie, la fierté même de reconnaître au détour d’un chemin de campagne ou d’un terrain vague une digitale pourpre (Digitalis Pupurea) ou une Céraiste des sables (Cerastium semidecandrum). Mais à quoi bon, toi et ton fils de 18 mois qui arrache toutes les orties blanches qu’il trouve vous vous retrouvez seuls avec votre savoir et le clodo du coin s’en contre fout de ta jolie Céraiste au coin de la rue…

Heureusement, sont arrivés pour nous, jeunes passionnés de plantes inconnues et connues et dont tout le monde se contre carre, deux sites fantasmabuleux !

Si tu vis à la campagne, tu peux aller sur le site de VigieFlore :

Le laboratoire « Conservation des Espèces, Restauration et Suivi des Populations » du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris) propose aux botanistes volontaires de participer à leur programme Vigie-flore : un programme dont le but est de suivre l’évolution de l’abondance des espèces végétales les plus communes en France.

Si tu vis en ville, tu peux aller sur le site de Sauvages de ma rue :

Les plantes urbaines sauvages ont désormais un observatoire qui se consacre à l’étude de la flore urbaine des villes de France.

Ben voilà, tu l’as trouvée ton activité du week-end…

[Une initiative du Muséum national d’histoire naturelle et de Tela Botanica]

 

Le pied.

Le pied, c’est quand on a le temps, dans un rayon de soleil de prendre soin de soi.
Le pied, c’est de voir jouet son enfant, l’entendre rire tout seul et parler à ses jouets.
Le pied, c’est de prendre un bain à 2 quand par magie, on peut se retrouver juste lui et moi.
Le pied, c’est de partir en vacances, retrouver la famille et partager de l’inoubliable.
Le pied, c’est quand on oublie tout, les soucis et l’argent, les emmerdeurs et les emmerdeuses.

Aujourd’hui, prendre son pied n’est plus seulement dédié au plaisir jouissif de l’acte sexuel et à l’orgasme.
Mais d’où vient l’expression « Prendre son pied »?
Naïvement, j’ai d’abord pensé à mon fils qui tout content de s’amuser après le bain prend un grand plaisir à triturer et mordiller son pied tout propre. J’ai associé cet acte naïf et enfantin au plaisir pur et à la dérive linguistique des adultes.
Mais non, mais non. Grave erreur car cela n’a strictement rien avoir avec tout cela !

L’expression « prendre son pied » est une distorsion de la plus vieille unité de mesure française, le pied et qui remonte au XIXe siècle. Les Corsaire à l’époque devaient séparer leurs butins entre le roi, l’armateur et les autres. Il utilisaient alors le pied (qui mesurait environ 33cm) pour répartir équitablement leur or entre eux. Il s’agissait alors d’une part, d’une ration. chacun ayant sa ration, son pied, tous étaient content et partageaient donc un moment de plaisir grâce à cette récompense. Prendre son pied était donc partager du plaisir.

Plus tard, l’expression a dérivé dans le langage argotique chez la gente féminine qui a associé cette notion de part, de ration et de plaisir à la sexualité. Lorsqu’une femme était comblée, elle avait sa ration et de fait avait pris son pied. Ce n’est que bien plus tard que l’expression s’est généralisée et que tout être humain a pu exprimer son plaisir par cette expression devenue aujourd’hui un peu « fourre-tout »…

Voilà pour ta culture petite scarabée !

Poubelle la nature…

J’enrage, je fulmine, je me retiens de distribuer des coups de boules retournés à tous ces Connards ! Quand on pense qu’encore aujourd’hui, en 2012, en France, il existe des gens qui jettent leur paquet de clope vide par la fenêtre de leur voiture. Quand on pense que les plages doivent ENCORE être nettoyées par de gentils bénévoles aux convictions indestructibles de tous les plastiques, papiers et autres mégots abandonnés sans scrupules. Quand on pense que même les produits préparés ou les paquets de biscuits de mon magasin Bio sont emballés 2 ou 3 fois !

Je n’ai pas eu besoin d’avoir un enfant pour prendre conscience de l’absurdité de la suprématie de l’homme sur la nature. Comment peut-on pourrir encore notre terre alors qu’elle nous porte et nous nourrit? Comment peut-on se comporter aussi irrespectueusement envers le seul endroit, la seule maison que nous ayons?

Je deviens une furie incontrôlable quand j’arrive sur un lieu « naturel », beau, un lieu où il fait bon se reposer et jouer avec sa famille et que j’y trouve des mégots, des plastiques, des coins pleins de PQ, des petits pots de bébé et des couches sales. Comment peut-on en tant que parents pourrir à ce point l’héritage de nos enfants? Tu n’aimerais pas que ton fils ou que ta fille vive dans un endroit sain? ne serais-tu pas plus sereine si tu savais que tes enfants n’auront rien à craindre en mangeant des fruits, des légumes, du poisson? Tu vas crever d’un cancer, ou pire, parce que tes ancêtres on chiés sur l’écologie et la nature pendant des siècles, jouant aux petits dieux et combattant leur propre nature, créant des produits terrifiants et oubliant d’où ils venaient et tu leurs en veux mais que fais-tu de mieux? Tu pestes contre tes grands-parents qui ont pollués le monde avec les CFC et les usines au charbon, qui ont vidés les océans et tués les butineurs avec leurs produits toxiques à outrance, mais toi, qu’est-ce que tu fais pour ta planète?
Qu’est-ce que tu fais pour tes enfants?
Qu’est-ce que tu fais pour tes petits enfants?
Qu’est-ce qu’ils penseront de toi et de tes actes?
Et qu’est-ce que tu leur apprends en leur montrant un lieu paradisiaque que tu laisse jonché de tes merdes? Et pourquoi? Par fainéantise? par dédain? par bêtise? ou les trois peut-être?

Je ne suis pas une ayatollah de l’écologie mais je fais attention à respecter le monde dans lequel je vis et ceux qui m’entourent. C’est ce manque de respect qui me met en boule et avec les hormones de grossesse, je pars au quart de tour !

Mais j’aimerai bien, un jour, arriver quelque part et ne pas avoir à nettoyer l’endroit avant de m’y installer sereinement avec les miens !

Etre charmant…

Je me souviens, lorsque j’étais jeune et pleine de suffisance. Je me souviens de mes désirs fous et de mes prétentions. Et l’une d’elle était de devenir un jour la plus grande éthologue* du monde de l’univers galactique. Rien que ça ! Dian Fossey n’avait qu’à bien se tenir !

*(Éthologie : C’est l’étude comportement animale, une sorte de sociologie de nos petites bêbêtes à poils, à plumes et à grosses patounes)

Alors quand arrivée à mon premier cours d’écologie, que la prof nous a demandé de venir traîner nos fesses dehors au milieu de la forêt pour nous faire étudier les différents substrats qui conditionnent l’évolution de certaines espèces de plantes, nous nous amusions à nommer toutes les plantes que nous rencontrions sur notre passage. Enfin, plus précisément les autres. Parce que dans ce cours, il y avait ceux qui savaient et ceux qui ignoraient. Et moi, je faisais partie de ceux qui ignoraient, parce que j’avais fait des études sur le patrimoine et pas des études de gestion et de protection de la nature. Les profs s’en foutaient pas mal, ils étaient là pour nous apprendre le « programme », si tu savais déjà, ça te faisait une révision, si tu savais pas, « ben maintenant, tu le sais! »

Et arrive un arbre en pleine évolution qui croise ma route, et hop, toute fière de moi, je balance avant tout le monde : « Hooooo un bébé Hêtre ! ».
… silence…

« Ben non, c’est un Charme »

« Ha bon? »
… re-silence et gros yeux interrogateurs… »
… »Ben quoi? »

« Mais enfin, c’est facile! il est dentelé, c’est un Charme ! »
… Ha…

Bah oui ! Le Charme d’Adam c’est d’Hêtre à poils!!!! »
… Ha bah oui! vu comme ça…
En gros non seulement je suis passée pour une ignare, mais en plus ma culture G en a pris un coup dans le bec. Non,,je ne connaissais pas cette phrase mnémotechnique, non, je ne savais pas que la différence entre le Hêtre et le Charme était une histoire de poils.

Seulement maintenant, chaque fois que je marche en forêt, je repense à cette petite phrase qui me permet de savoir à quelle espèce j’ai affaire, et des proverbes du genre, pendant mon année, j’en ai appris pleins en plus d’un peu d’humilité !