Les secrets.

2014-11-20 10.11.56Mon grand garçon est rentré à l’école en Septembre. Un grand pas pour moi, une évidence pour lui. 3 mois qu’il est heureux comme tout de s’y rendre et d’y passer la journée. 3 mois qu’il fait des activités, des chants, des jeux, des ateliers cuisine (sa maitresse a même adapté ses recettes de gâteaux à son intolérance au lait de vache, je la kiffe <3) etc etc.

Et lorsqu’il rentre, pas un mot. Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui à l’école? Immanquablement la même réponse : « J’a joué » c’était bien? « Oui », tu as appris des choses? « je sais pas » … Chaque jour depuis 3 mois, il garde pour lui ses expériences.

C’est SON école, SON secret.

Si un enfant le tape, il en parle et raconte la moitié de l’histoire, que la maîtresse me complète pour que je comprenne bien ce qui s’est passé. Je trouve que c’est déjà très bien s’il  fait confiance à ses parents pour se confier sur les petits bobos qu’il peut avoir. L’apprentissage, il le partagera peut être plus tard. Alors j’attends les vacances avec impatience pour avoir les cahiers et le compte rendu du trimestre à l’école.

La maîtresse, si je lui demande, me dit seulement qu’il reste avec les grands car il parle très bien. Qu’il est très attentif et très volontaire. Qu’il dessine de très beaux bonhommes patates et qu’il connait son alphabet par cœur. Moi, j’ai un garçon différent à la maison, il fait des gribouillages, il n’écoute rien et il refuse de s’autonomiser. C’est encore le bébé à sa maman. Cela dit, je comprends. L’école lui demande beaucoup, il doit tout faire seul et suivre le rythme. Il fait la taille des enfants de 4 ans et ils le traitent parfois comme tel s’occupant plutôt des Tps. Alors une fois rentré à la maison, retour au cocooning et aux jupons de maman… Et tant pis si maman n’en peux plus de gérer 2 gros bébés hystériques.

Parfois, j’aimerai être une petite souris pour voir tout ce qu’il fait et comme il s’amuse. Comme il grandit aussi.

J’avoue que j’avais fantasmé cette entrée à l’école sur pleins de niveaux. Je pensais qu’il rentrerait en me racontant sa journée et qu’on pourrait chanter les chansons qu’il aurait apprises, regarder et s’extasier devant ses découvertes et ses apprentissages, que je pourrais m’émerveiller de ce petit être qui grandit. Que dalle.

J’avais pensé aussi que d’entrer dans l’univers des mamans scolarisées me permettrait de rencontrer des gens un peu comme moi, parler un peu devant le portail le matin, peut être même me faire des copines ! Folie douce ! c’est la jungle l’univers des mamans, elles se comparent, elles se regardent de travers, elles te juges parce qu’elles ont peur que tu les juges toi-aussi. c’est n’importe quoi ! Entre celles qui parlent bien fort des exploits de leur baveux et celles qui te répondent pas quand tu leur souris ou que tu leur dis bonjour, c’est affligeant. J’en ai eu mal au ventre les premiers jours tellement la déception a été grande. Maintenant, je m’y suis faite, je rentre, je pose mon doux bébé et je repars. Pas bonjour, pas merci, pas merde sinon avec le personnel et les enseignantes.

Donc, ça y est. J’ai passé le cap de l’école et ce soir on aura la photo de classe… On en parle ou pas?

C’est bientôt l’école maman?

3.
Laisse moi remonter le temps…
3…2..1…
Et te regarder maintenant…

Mon petit d’homme.
Mon grand bonhomme.
Mon garçon.

3.
Ce chiffre que tu me répètes si souvent.
Et tu nous dis « Moi je suis grand »
Mon si petit bébé,
Qui pousse et pousse sans s’arrêter.

3.
Et dans 2. Maman pleure.
Dans 2. à l’école.
Au milieu de la meute pointure 25,
Sans protection pendant des heures…

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3.
Et si fier !
Parce que « Moi j’a des muscle »
Parce que « Moi j’a des poils qui piquent »
Parce que « Moi je suis le grand frère »

3.
Sur sa route, sur son chemin.
Et tout va bien.

Maman flanche parfois.
Je te vois si petit.
Je te vois si grand
Je te vois si indépendant.

3.
Et restent 2 mois

2.
Pour me faire à l’idée.
Pour me préparer.
Pour que ton nouveau chemin,
on le fasse main dans la main.

Popo dans l’pot ?

Partout je peux lire les aventures et les petites victoire des mamans et de leurs enfants dans leur combat contre la couche. J’ai même pu observer la fille des mes copains faire sa petite affaire de pot avec une facilité déconcertante. J’ai pu aussi remarquer la différence de fluidité dans les mouvements et dans les vêtements quand le petit cul de babouin gigote dans sa culotte et non dans une vieille Pampers prête à imploser…

Bref, tu l’auras compris, depuis quelque temps on se bat avec les cacas et les pipis de Montoutgrand. C’est pas qu’on soit pressés, c’est pas qu’on veuille forcer, c’est pas qu’on aimerait faire des économies de lavage ou de sacs poubelles, mais quand même, ce serait cool si de temps en temps il s’attrapait le zizi pour faire autre chose que tirer dessus en rigolant bêtement.

Ho oui, j’entends bien dire « mais il n’a que 2 ans et demi, il a le teeeeeemmmmppsssss rhoooooo » dans l’absolu, oui, on a le temps, je ne suis pas tendue sur le sujet, mais j’aimerais quand même sensibiliser cette petite tornade aux débordements puants et gluants, à l’autonomie, aux joies de tirer la chasse d’eau, à la fierté de faire pipi debout comme papa, aux trop choupi petits caleçons pour enfants, à la joie de s’essuyer le derrière tout seul, au bonheur de baisser et remonter sa culotte, bref, à la propreté.

Et pour cela, j’ai sorti l’artillerie lourde, j’ai acheté deux livres et on a ressorti le vieux seau. Parce que son pot, il n’en veut pas, il marche dessus, il shoot dedans, il met des jouets à l’intérieur au mieux, il a décidé qu’il n’était pas bien, ce pot là. Très bien, alors on a ressorti le vieux seau de maman, celui dans lequel j’ai fait mon premier pipi et mon premier caca et tata aussi, et on raconte l’histoire de tata qui fait pipi et de maman aussi. Ca semblait lui plaire. On lit les livres et on rigole bien. On parle de couche, de girafes, de pipis, de dinosaures, de caca qui puent, de copains qui boudent et de pots colorés. On dit que le petit frère a très envie de faire comme lui, avoir les fesses à l’air sans couche et sans contrainte, même si c’est pas vrai.

Et ça marche. Enfin, ça a marché un peu… au début.
On a eu un premier essais sans rien mais on encourage.
On a eu un deuxième essais avec une toute petite crotte de souris et on rigole en tirant la chasse d’eau.
On a eu un troisième essais avec un gros pipi et un petit mec tout fier de se promener cul nu.

Nous, on a lu « Toutouille va sur le pot » et « Tous les Pipis »

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Et puis, il y a eu les vacances, les changements, la routine du retour, la nounou et on a tout oublié. On a relu les livres, on a proposé le pot, tenté d’enlever la couche… Rien.  Il ne veut rien entendre, quand on arrive au passage où Toutouille décide enfin d’être propre et de faire sur le pot, il dit « Non » et il ferme le livre avec force pour passer à autre chose. Quand je le laisse un peu cul nu pour voir, il réclame sa couche.

Alors on a décidé d’arrêter là. de le laisser tranquille et de ne pas forcer. S’il ne veut pas c’est qu’il n’est pas prêt et c’est lui qui saura nous dire quand il voudra le pot et arrêter de mettre des couches. Faisons lui confiance finalement il est le mieux placé pour nous guider. Au moins, on aura essayé !

Mais ces deux livres, on a trouvé qu’ils étaient drôles, très sympa, décalés mais bien visés, on a adoré et mon fils aussi, même avec sa couche vissée sur les fesses il a bien rigolé !