A toi, qui veux être mère.

deonna-photo1A toi qui veux être mère, tu as tout mon amour et toute mon admiration. Car tu es une warrior, une amazone en talons aiguilles (pour le moment) une femme belle, forte et courageuse. Oui, tu allumes en moi ces étincelles dans les yeux par l’abnégation, les diverses remises en questions et toute l’énergie que tu vas offrir dans l’ingratitude la plus totale de ton entourage. Saches que je t’aime.

Je t’aime parce que tu ne le sais pas encore, mais…

Tu n’iras plus jamais seule aux toilettes.
Tu mangeras la moitié de ton repas, dans le meilleur des cas, debout, le plus gros du temps et froid, quasi systématiquement.
Tu n’auras plus jamais de fringue sans morve, ni bave, ni trace de doigt chocolaté.
Tu ne connaîtras le silence que par les vagues souvenirs que tu en auras.
Tu deviendras ingénieur certifié en « préparation imminente de connerie »
Tu apprendras à aimer tes cernes car le budget couche t’aura ruiné jusqu’au trognon.
Tu verras qu’à notre époque, savoir tenir une maison c’est très surfait.
Tu re-découvriras les grands classiques de la littérature : Petit ours brun, trotro et les lapins crétins.
Tu feras de la coquillettes et de la patate douce l’emblème national de tes principes culinaires.
Tu sauras qu’il n’y pas plus résistant verni à ongle que que celui qui s’incruste sous les ongles quand tu changes la couche de ton bébé d’amour.
Tu trouveras que ton nouveau parfum jure avec la délicate odeur rance du RGO de ton enfant.
Tu apprendras que les fakirs sont des « petitesbites » vu comme tu tu traverses le champ de mines de playmobils qui te sépare des toilettes tous les matin et avec grâce en plus !
Tu comprendras enfin la signification de l’expression : « Dormir comme un bébé »
Tu découvriras que la journée dure 50h en moyenne mais qu’elle peut facilement durer 200h quand ils ne font pas la sieste.
Tu découvriras aussi que TA journée, celle que tu prends rien que pour toi, pour souffler, pour te chouchouter, elle ne dure que 25 minutes.
Enfin, tu vas maintenant rire de tout ça avec nous et ça c’est quand même le plus important !!!

Alors bienvenue chez nous ❤
Bisous.

De l’amour avec les mains.

Il y a une semaine, mon amie accouchait. Un magnifique petit bonhomme d’une folle beauté (comme ses parents). Et la coutume veut que l’on offre un petit cadeau de bienvenue à ce bébé tout frais pondu. Parce que ça ne se fait pas d’arriver les mains vides, parce que c’est un bébé que j’ai envie de chérir et de gâter vu que c’est le fils d’amis que j’adore j’adore !

Mais voilà, j’avais pas envie d’offrir un Nième pyjama, ou un doudou perdu dans la masse, ni même des petits chaussons trop choupis qu’il ne mettra jamais parce que les nouveaux nés ça tient pas les chaussons plus de 5 minutes, après ça énerve les parents. (oui, c’est du vécu)

Alors j’ai eu envie de fabriquer une petite chose pour lui. Mais quoi? cette idée a tournée des mois et des mois dans ma tête. Quelque chose que je saurai réaliser. Quelque chose qui serait facile mais original. Et j’étais pendue à Internet, à Pinterest, à l’affut de la moindre idée qui serait juste parfaite pour ce petit ange.

Et un jour, j’ai trouvé ! C’est pas clinquant, c’est pas bluffant, c’est pas Wow la grande classe internationale ! Non, c’est mignon, simple et sobre. Mais c’est spécial, spécialement pour lui.

Alors, je te montre ?

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Le bavoir cravate, simple, mignon et qui fait plaisir à faire et à offrir ! 😉

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Résister

IMG_3013Envers et contre tout : résister.
A la maladie, à la fatigue : résister.
Au sommeil : Résister.

Surtout au sommeil.

Je suis une Warrior de la nuit blanche.
Une Viking du sommeil pourrit.
Une Ayatolla de la tétée rapprochée.
Une Amazone du cerne.

Et j’en connais des masculins qui soupirent et rugissent dès qu’il faut se lever une fois pour un biberon. J’en connais qui ronquent et grognent comme des marmottes et qui au matin te disent « ha bah tu as bien dormi là non? j’ai rien entendu ! » alors que tu en étais à la 5eme tétée de la nuit à seulement 3h00 du matin.

Je résiste au vent mauvais (haleine fétide en prime) de ceux qui te disent « tu n’as qu’a lui donner un gros biberon le soir » à qui tu réponds allaitement et qui te retourne fin d’allaitement et à qui tu as juste envie de dire d’aller se faire castrer par un pélican carnivore.

Je résiste à l’envie d’insulter mon fils de 6 mois qui, à 5h00 du matin pique une colère parce que j’ai osé lui retirer le téton de la bouche pour la 12eme fois de la nuit.

Je résiste à cette étrange attirance qu’à ma main vers la gueule des cons quand arrive 19h et que j’ai la journée dans les bottes, l’angoisse de la nuit de merde qui monte et le quidam qui me cherche des poux dans la tête.

Je résiste à l’appel de l’oreiller, au cri de l’appuis-tête, au murmure du brin d’herbe, à la berceuse de la table après le goutter.

Je suis un peu la France Gall des chauves souris, mais chaque soir, quand à 22h10 il ferme enfin ses petits yeux noirs pleins de fatigue, que je le pose délicatement et avec amour pour qu’il reprenne des forces jusqu’à la prochaine tétée, là, je suis pleine de cet espoir utopique de maman épuisée et au fond de moi, je me dis que peut-être, enfin, il dormira… et moi aussi…

Mais non. Et je ne sais pas si je vais encore résister longtemps.

Émerger.

Je me souviens qu’il en avait été de même lors de mon premier enfant. Cette même difficulté à refaire surface. Pour tant tout était différent, j’avais un travail salarié fixe, c’était en plein été, j’avais (presque) retrouvé mon corps et mon poids….

IMG_3067Mon fils a 4 mois et je n’arrive toujours pas à émerger de ma profonde maternité fusionnelle et ultra protectrice. Je sens mon corps et mon esprit me pousser de façon de plus en plus pressante vers moi, me dire « écoute toi », « prends soin de toi », « re-deviens une femme en plus d’être mère », « prends du temps pour toi » etc. j’ai encore ce lien (trop) fort qui m’empêche de me séparer de mon fils même une heure sans culpabiliser et stresser.

Pourtant, la nounou est prête, elle m’attend. Pourtant, elle a toute ma confiance et mon estime cette super nounou. Pourtant, il y a son grand frère chez nounou. Tout devrait me rassurer et m’inviter à y déposer mon petit même une matinée par semaine ! Mais je n’arrive pas à me décider, je n’arrive pas à fixer une date ou un planning.

Je me retranche derrière un « C’est compliqué, il y a l’allaitement et il refuse catégoriquement le biberon, même son père ne peut pas lui donner, il ne veut pas boire à la tasse ni à la cuillère… il ne veut QUE sa mère et son sein » C’est pratique, l’excuse est bonne et toute trouvée. Alors je me retranche aussi derrière des étapes qui pourront m’aider un peu, la diversification par exemple… Oui, mais comme par hasard, ce petit, je n’ai pas envie de le diversifier tout de suite, pas à 4 mois, plutôt vers 6 mois… C’est pratique aussi comme excuse !

Et dans un autre petit coin de ma tête, cette évidence : En juin, la saison boulot commence et le programme est chargé, il va me falloir du temps, du vrai temps de travail ! J’ai besoin de calme en Mai pour me reposer et préparer le boulot. J’ai besoin de temps pour que l’été soit bon… La maman étouffe la femme, la femme se rebelle contre la maman : Conflit intérieur (j’allais dire habituel)

Alors, je ne vois plus qu’une seule solution : se faire violence. Passer les 3 première matinée d’adaptation chez la nounou et voir tranquillement comment on procède, ce qu’on peut faire, comment on gère. Y aller tout doucement pour que la maman en moi fasse confiance à son fils et à son entourage et accepte enfin que la femme prenne un peu plus de place.

4 mois, c’est tellement petit !…

 

Accoucher une dernière fois.

IMG_24553 mois que mon tout petit est né. 3 mois déjà.
3 mois que j’essaye de raconter comment tout cela c’est passé. Comment j’ai vécu ces 11h de travail, cette naissance, physiquement et moralement.

Je pensais que de ne pas en parler tout de suite me permettrait d’apaiser mon ressenti. Je pensais qu’attendre un peu m’aiderait à ne plus me mettre à pleurer en en parlant. J’avais tort. Le temps n’a rien fait à l’affaire, il a cristallisé mes angoisses, conservé mes souffrances.

Oui, cet accouchement je l’ai très mal vécu. Et pourtant, je m’étais préparée, et pourtant la sage femme a trouvé que j’avais super bien géré ma douleur, et pourtant… Mais quand tu fais un bébé de 4kg avec la carrure d’un rugbyman, la douleur, même si tu la gères, elle te serre de partout et elle te marque au plus profond de toi.

Parce que je ne voulais pas de péridurale, j’ai forgé mon mental tout le temps de ma grossesse pour me préparer à la douleur, en gardant toujours en tête que, si je n’arrivais pas à gérer, je la demanderais. Finalement, je n’ai rien demandé, je n’ai insulté personne, je n’ai broyé les mains de personne, j’ai respiré, j’ai crié, j’ai pleuré de fatigue, parce que 11 heures de douleurs, c’est épuisant.

Et bébé est venu. C’est à partir de ce moment là que je n’étais plus préparée. Je n’étais pas préparée à l’épisiotomie jusqu’à l’anus avec une anesthésie locale aléatoire. « Non, madame, ça ne peut pas faire mal, on vous a fait une anesthésie locale » … Ha bon? t’es dans mon corps pour savoir si je fais du chiqué? je viens de pondre un gigot de 4Kg Chéri ! alors si je la sens ton aiguille de boucher, c’est que ton anesthésie à la con elle a pas marché ok? …

Mais surtout, je n’étais pas préparée à la révision utérine sans anesthésie, sans ménagement, presque sans un regard.

Quand tu as eu mal, la plus grosse douleur de ta vie pendant 11 heures, tu ne peux même plus supporter le picotement d’une aiguille, ton quota est atteint, tu veux juste respirer, te reposer, dormir et câliner ton bébé.
Moi, on m’a retiré mon fils, on m’a retiré mon homme et un gynécologue ganté est allé chercher à la main le placenta qui refusait de sortir. Je me demande encore comment j’ai fait pour ne pas m’évanouir. Comment j’ai fait pour supporter cette sensation de cette main qui a parcouru l’intégralité de mon utérus à 3 reprises pour vérifier qu’il ne restait plus rien.

Pour ne pas insulter ce gynécologue qui me voyant pleurer, à osé me dire « allons, ce n’est rien ça, vous avez fait le plus dur, ça ne fait pas vraiment mal. »

Puis, tout s’est calmé. Ils ont recousu sans se soucier de mes sanglots. Ils ont fait entrer mon homme, notre fils dans les bras, ils l’ont posé sur moi pour une première tétée, et on nous a conduit dans notre chambre.

Alors, viennent se greffer d’autres importances, la sensation d’avoir franchi une étape importante, parce que cet enfant est le dernier, parce que mon corps est très abimé, parce que j’aurais 35 ans cette année… Je t’épargne le reste.

Mais dans une maternité, aussi petite soit-elle, on a encore visiblement pas formé les sages-femmes au soutien psychologique, on m’a juste dit « Baby Blues », « C’est normal », « Ça va aller », « Ça valait le coup de souffrir » (Connasse) et en réponse à la douleur, on m’a apporté « Polo », le pain de glace à se coller sur l’épisio…

Et donc, j’ai pleuré trois jours durant. Parce que j’avais mal, parce que j’avais peur, parce que j’avais besoin.

Ça fait 3 mois que bébé est né, 3 mois que je continue de pleurer en parlant de mon accouchement. Tu crois vraiment que c’est normal ?

La valise maternité.

35SA bien tapées? J-38 ? à peu près? peut-être moins, peut-être plus, va savoir… Et une valise maternité en ébauche, avec quelques petits trucs éparpillés, rien de finalisé.

Pourtant, je le sais que ça contracte déjà. Je le sais que le col s’efface petit à petit. je le sais que je devrais avoir ma valise de prête et toujours dans le coffre de ma voiture quand on se déplace. Je le sais. Mais non. C’est un peu comme si de repousser la préparation, permettait de repousser l’accouchement. Tenir encore 15 jours, valise bouclée dans 15 jours, promis !

Je me souviens de ma première grossesse, et une mise en menace d’accouchement prématuré dès le 4ème mois. Je me souviens avoir préparé ma valise au début du 6ème mois, parce que dans le doute… Et un fils qui est finalement arrivé 5 jours avant terme. J’avais eu le temps de la refaire 3 fois ma valise. Presque impatiente que j’étais de mettre un petit corps dans de si petits vêtements.

Je me souviens aussi que j’en avais pris une quantité folle et que ça n’avait servi à rien. Que j’avais fait 2 valises, une pour lui et une pour moi. Que j’avais pris des pulls et des chaussettes, ignorant les 40°C moites de la piole de maternité…

Je sais que cette fois-ci, il n’y aura qu’un seul bagage, des vêtements légers pour moi, une seule tenue pour l’entrée et la sortie de la maternité et basta ! Rester léger, simple et penser seulement au bien être du bébé, au mien ensuite.

Je sais qu’ils fournissent tout ou presque pour l’hygiène des mamans et celle des bébés et que je n’ai pas à m’inquiéter si, cette fois-ci je n’ai pas le stock de compresses stériles ou les garnitures pour les lochies au fond du sac. Je sais aussi que j’y resterais 3 jours minimum et qu’entre temps l’homme rentre à la maison. si j’ai besoin, il saura bien m’apporter le nécessaire.

Je sais que je n’ai pas besoin de prévoir les bonbons de réconfort, ni les tablettes de chocolat, les copines sauront me les apporter et les grignoter avec moi en parlant épisio, allaitement et péridurale.

Pour le reste, je ne sais pas et on verra bien !